Réglementation

Cession de bail et Loi 31 : ce que ça change pour les propriétaires de plex sur la Rive-Nord

Baux de locataires empilés dans un immeuble multilogement sur la Rive-Nord — cession de bail Loi 31

ImmoMulti — acheteur direct de multilogements sur la Rive-Nord — reçoit régulièrement des propriétaires de plex qui ignorent un changement législatif majeur qui joue directement en leur faveur. Depuis l'adoption de la Loi 31 sur le logement le 21 février 2024, tout propriétaire de duplex, triplex ou multilogement au Québec peut refuser une cession de bail sans avoir à se justifier. Le locataire qui souhaitait transférer son bail à un successeur est alors libéré de ses obligations — et vous pouvez re-louer le logement au prix du marché. Pour un propriétaire de plex sur la Rive-Nord dont plusieurs baux ont été signés il y a cinq ou dix ans, ce droit peut représenter des milliers de dollars de revenu net d'exploitation supplémentaire par année, et donc une hausse directe de la valeur marchande de votre immeuble à revenus.

0 $Prime maximale autorisée lors d'une cession de bail (Loi 31)
15 joursDélai pour répondre à un avis de cession — après quoi, c'est accepté
Sans motifLe propriétaire peut refuser toute cession de bail depuis fév. 2024

Qu'est-ce qu'une cession de bail et comment ça fonctionnait avant la Loi 31?

Code civil du Québec ouvert sur les articles encadrant la cession de bail dans un plex

La cession de bail est le mécanisme par lequel un locataire transfère la totalité de son bail à un tiers — le cessionnaire. Contrairement à la sous-location (qui est temporaire), la cession est définitive : le locataire sortant est entièrement libéré de ses obligations et le cessionnaire reprend le bail à toutes ses conditions, y compris le loyer en place.

Avant la Loi 31, le Code civil du Québec prévoyait une procédure stricte : le locataire envoyait un avis au propriétaire avec les informations sur le cessionnaire proposé. Si le propriétaire voulait refuser, il devait impérativement invoquer un motif sérieux — par exemple, un dossier de crédit insuffisant ou un historique locatif problématique du cessionnaire. Sans motif sérieux, le propriétaire était contraint d'accepter, et le nouveau locataire héritait du loyer en place sans aucune augmentation possible au moment de la cession.

Cette règle avait deux conséquences majeures pour les propriétaires de plex sur la Rive-Nord. D'abord, elle gelait les loyers dans le temps : un bail signé à 850 $ en 2015 pour un 4½ pouvait traverser trois ou quatre locataires successifs sans jamais revenir au marché — qui est aujourd'hui à 1 300 $ ou 1 400 $ pour le même logement. Ensuite, elle alimentait les cessions lucratives où le locataire sortant négociait une prime du cessionnaire en échange de son bail sous-évalué, une pratique qui n'enrichissait ni le propriétaire ni la communauté.

Source : Tribunal administratif du logement — « Cession d'un bail ou sous-location » ; Éducaloi — « Céder son bail, est-ce toujours possible? »

Ce que la Loi 31 a changé : refus sans motif, locataire libéré

La Loi 31 a fondamentalement modifié l'équilibre en matière de cession de bail. Depuis son adoption le 21 février 2024, deux règles nouvelles s'appliquent :

  • Le propriétaire peut refuser sans motif. À la réception de l'avis de cession, vous n'avez plus besoin de justifier votre refus par un motif sérieux. Un simple avis de refus écrit dans les 15 jours suffit.
  • Le bail est résilié si vous refusez. En cas de refus du propriétaire, le bail prend fin de plein droit à la date prévue pour la cession. Le locataire sortant est libéré de ses obligations — il peut partir sans pénalité — et vous retrouvez un logement libre que vous pouvez louer au prix actuel du marché.

« Un propriétaire a le droit de refuser, et ce sans motif, une cession de bail. Cela aura pour effet de libérer le locataire de ses obligations. »

— CORPIQ, résumé des changements de la Loi 31 pour les propriétaires, 2024

Pour les propriétaires de duplex, triplex ou multilogements sur la Rive-Nord, c'est un changement de paradigme. Chaque fois qu'un locataire souhaite quitter en cédant son bail à quelqu'un d'autre, vous pouvez intercepter ce mouvement, refuser la cession et récupérer le logement à des conditions de marché. Ce n'est pas une obligation — vous pouvez choisir d'accepter si le cessionnaire vous convient — mais c'est un outil puissant que vous n'aviez pas avant 2024.

SituationAvant la Loi 31Depuis la Loi 31 (fév. 2024)
Refus de cession de bailMotif sérieux obligatoireRefus possible sans motif
Effet du refus sur le bailLe bail continuait (locataire restait)Bail résilié — locataire libéré
Loyer après cession acceptéeLoyer en place transmis au cessionnaireLoyer en place transmis (inchangé)
Loyer après refus + relocationN/A (refus difficile à maintenir)Fixé librement au prix du marché
Cession lucrative (prime)Tolérée en pratiqueInterdite par la loi
Délai de réponse propriétaire15 jours15 jours (inchangé)
Recours TAL pour refusOui — si absence de motif sérieuxNon — refus sans motif incontestable

Source : CORPIQ — « Loi 31 : quelles répercussions pour les propriétaires? » ; La Presse — « La portée de la cession de bail officiellement réduite » (21 fév. 2024)

Procédure pratique : les 15 jours et le piège du silence

Calendrier avec délai de 15 jours pour répondre à un avis de cession de bail au TAL Québec

Comprendre la mécanique exacte de la procédure est essentiel pour tout propriétaire de plex ou d'immeuble à revenus sur la Rive-Nord. Voici les étapes telles que définies par le Tribunal administratif du logement :

  • Étape 1 — L'avis du locataire. Le locataire qui souhaite céder son bail doit vous faire parvenir un avis écrit indiquant les coordonnées du cessionnaire proposé. Cet avis doit vous être remis avec un délai de préavis raisonnable avant la date prévue pour la cession.
  • Étape 2 — Le délai de 15 jours. Dès réception de cet avis, vous avez exactement 15 jours pour répondre. Ce délai est ferme et calculé à partir de la date de réception de l'avis, non de sa date d'envoi.
  • Étape 3 — Le refus écrit. Si vous souhaitez refuser, vous devez aviser le locataire par écrit de votre refus dans ce délai de 15 jours. Aucun motif n'est nécessaire. Le bail prend alors fin à la date prévue pour la cession.
  • Étape 4 — Le silence vaut acceptation. Si vous ne répondez pas dans les 15 jours, vous êtes réputé avoir accepté la cession. Le bail est transféré au cessionnaire avec le loyer en place. Cette erreur est irréversible — agissez rapidement.

Le piège : ne jamais laisser passer les 15 jours

Parmi les propriétaires de plex sur la Rive-Nord, le piège le plus courant est le délai. Un avis de cession qui traîne dans une boîte aux lettres mal surveillée, un gestionnaire immobilier qui prend sa semaine de vacances, une enveloppe confondue avec du courrier publicitaire — 15 jours passent vite. Mettez en place une alerte ou un protocole pour traiter tout avis de cession dans les 5 premiers jours suivant sa réception.

Qu'arrive-t-il si vous acceptez?

Si vous choisissez d'accepter la cession ou si vous laissez passer le délai, le cessionnaire hérite du bail aux mêmes conditions — notamment le même loyer. Vous pouvez bien sûr évaluer le dossier du cessionnaire avant d'accepter : s'il présente des antécédents locatifs problématiques ou une capacité de paiement insuffisante, vous avez toujours la possibilité de refuser sur ces bases, comme c'était déjà le cas avant la Loi 31.

La différence clé : vous n'êtes plus obligé d'accepter un cessionnaire parfaitement qualifié si vous préférez simplement récupérer le logement pour le re-louer au marché. C'est votre choix.

Cessions lucratives : l'autre gain majeur de la Loi 31 pour votre plex

La Loi 31 a également mis fin à une pratique qui exaspérait les propriétaires de multilogements dans les marchés tendus comme la Rive-Nord : la cession de bail lucrative. Avant 2024, rien n'empêchait formellement un locataire de négocier une « prime de cession » avec son successeur — une contrepartie financière en échange de la transmission d'un bail sous-évalué.

Depuis la Loi 31, un locataire ne peut exiger aucune contrepartie pour céder son bail. La cession doit être gratuite. Si un locataire tente malgré tout d'exiger une prime, il s'expose à des recours légaux. Cette interdiction protège l'intégrité du marché locatif et, indirectement, les propriétaires qui voient moins d'intérêt pour les locataires à s'accrocher à un bail sous-évalué uniquement pour le revendre.

Source : Éducaloi — « Céder son bail, est-ce toujours possible? »

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Impact sur la valeur de votre multilogement sur la Rive-Nord

Calculatrice et tableau de rendement pour évaluer l'impact de la cession de bail sur la valeur d'un plex Rive-Nord

Pour comprendre pourquoi la cession de bail refusée peut augmenter la valeur de votre plex ou immeuble à revenus sur la Rive-Nord, il faut comprendre comment les investisseurs et acheteurs évaluent un multilogement. La valeur d'un immeuble locatif est directement liée à son revenu net d'exploitation (RNO) : plus le RNO est élevé, plus la valeur marchande est élevée. Et le RNO dépend avant tout des loyers en place.

Le fossé entre loyer en place et loyer du marché sur la Rive-Nord

Sur la Rive-Nord — Terrebonne, Mascouche, Blainville, Saint-Jérôme, Boisbriand, Saint-Eustache, Mirabel — le fossé entre les loyers de vieux baux et les loyers du marché est souvent considérable. Un locataire installé depuis 2015 peut payer 750 $ pour un 3½ dont le prix de marché actuel est à 1 150 $. C'est un écart de 400 $ par mois, soit 4 800 $ par année sur ce seul logement.

Dans un triplex avec trois loyers sous le marché de ce type, le RNO annuel est amputé de 14 400 $. En appliquant un multiplicateur de revenus bruts (MRB) typique de 14× pour la Rive-Nord, ce seul écart représente une décote de valeur d'environ 200 000 $ sur le prix de votre immeuble à revenus.

La cession refusée comme outil de valorisation progressive

Vous ne pouvez pas forcer vos locataires actuels à partir, ni hausser les loyers au marché d'un coup. Mais lorsqu'un locataire cherche à céder son bail, vous avez une fenêtre naturelle. En refusant la cession, le bail est résilié et vous pouvez re-louer au prix du marché. Si cette situation se présente pour un, deux ou trois logements sur la Rive-Nord dans votre multilogement, l'impact sur le revenu net d'exploitation — et donc sur la valeur de l'immeuble — est immédiat et mesurable.

Exemple chiffré : triplex Rive-Nord avec un logement remis au marché

  • Loyer actuel du logement (vieux bail) : 800 $ / mois
  • Loyer du marché après relocation : 1 250 $ / mois
  • Gain de RNO annuel : +5 400 $
  • Impact sur la valeur marchande (MRB 14×) : +75 600 $ de valeur supplémentaire

Ce calcul illustre pourquoi ImmoMulti, acheteur direct de multilogements sur la Rive-Nord, s'intéresse autant à la structure des baux qu'au bâtiment lui-même. Un plex avec des loyers remis à niveau vaut significativement plus qu'un immeuble identique avec des baux figés.

Pour approfondir le calcul de rendement de votre immeuble à revenus, notre guide sur le MRB et le TGA explique comment chaque dollar de loyer supplémentaire se traduit en valeur de revente.

Stratégie vendeur : loyers au marché, vente optimisée sur la Rive-Nord

Si vous envisagez de vendre votre plex ou multilogement sur la Rive-Nord dans les prochaines années, la gestion des cessions de bail est une composante de votre stratégie de valorisation. Voici comment tirer parti de la Loi 31 dans une perspective de vente :

  • Suivez attentivement les avis de cession. Mettez en place un suivi rigoureux de toute communication de vos locataires. Un avis de cession mal géré (délai de 15 jours dépassé) vous fait perdre une occasion de valorisation.
  • Évaluez l'écart loyer en place / marché avant de décider. Si le loyer en place est proche du marché, accepter le cessionnaire peut être acceptable. Si l'écart est important, le refus vous permet de rectifier le tir immédiatement.
  • Documentez la conformité de vos baux. Un acheteur sérieux va analyser chaque bail. Montrer que vos loyers sont proches du marché — grâce aux relocations post-cession refusée — facilite la transaction et supporte un prix de vente plus élevé.
  • Pesez la valeur d'une vente rapide vs. la valorisation progressive. Refuser des cessions pour remonter les loyers prend du temps. Si vous êtes pressé de vendre, ImmoMulti achète les plex et multilogements sur la Rive-Nord avec des locataires en place — baux vieux ou récents — sans attendre que tous les logements soient relocalisés au marché.

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Pour les propriétaires dont les locataires ont causé des problèmes ou dont la gestion est devenue épuisante, la cession de bail n'est qu'un des mécanismes à connaître. Notre guide complet sur vendre un immeuble à revenus avec des locataires problématiques couvre les autres options à votre disposition. Vous pouvez aussi consulter notre article sur les reprises de logement qui ont triplé — un autre outil que la Loi 31 a modifié dans sa dynamique — pour avoir un portrait complet de vos droits en tant que propriétaire de plex sur la Rive-Nord.

Si vous êtes dans une situation d'urgence — mutation professionnelle, séparation, succession — notre guide vendre un immeuble à revenus rapidement présente les options disponibles pour une vente en 30 à 60 jours sur la Rive-Nord.

Questions fréquentes

Une cession de bail est le transfert du bail d'un locataire sortant vers un nouveau locataire entrant. Le locataire qui quitte envoie un avis écrit au propriétaire avec les coordonnées du cessionnaire proposé. Avant la Loi 31, si le propriétaire n'avait pas de motif sérieux, il devait accepter la cession — et le nouveau locataire héritait du même loyer. Depuis la Loi 31 (adoptée le 21 février 2024), le propriétaire peut refuser sans avoir à se justifier.

Oui, le droit du locataire de demander une cession de bail existe toujours. Ce qui a changé, c'est que le propriétaire peut maintenant refuser sans invoquer de motif sérieux. Si le propriétaire refuse, le bail est résilié de plein droit à la date prévue dans l'avis de cession — ce qui libère le locataire sortant. La cession reste possible si le propriétaire choisit de l'accepter.

Dès réception de l'avis de cession de bail envoyé par le locataire, le propriétaire dispose de 15 jours pour répondre. Pour refuser, il doit aviser le locataire par écrit de son refus dans ce délai. Aucun motif n'est requis depuis la Loi 31. Si le propriétaire ne répond pas dans les 15 jours, il est réputé avoir accepté la cession — le nouveau locataire hérite du loyer en place.

Le silence du propriétaire vaut acceptation. Si vous ne répondez pas dans les 15 jours suivant la réception de l'avis de cession de bail, vous êtes réputé avoir consenti à la cession. Le bail est alors transféré au cessionnaire proposé, qui hérite du même loyer en place. Il est donc crucial d'agir rapidement et de répondre dans le délai imparti — que vous acceptiez ou refusiez.

Oui. La Loi 31 interdit explicitement les cessions de bail lucratives : un locataire qui désire céder son bail ne peut exiger aucune contrepartie. Cette pratique, courante avant 2024 dans les marchés tendus, permettait à des locataires de monnayer leur loyer sous le marché en exigeant une prime du cessionnaire. La Loi 31 l'interdit formellement, protégeant l'intégrité du marché locatif.

La cession de bail transfère définitivement le bail — le locataire sortant est libéré de toutes ses obligations. La sous-location est temporaire : le locataire principal reste responsable, et le sous-locataire occupe le logement pour une période limitée. Pour un propriétaire de plex ou de multilogement sur la Rive-Nord, la cession de bail est plus significative : elle marque un départ permanent, ouvre la porte à un refus (et à une relocation au marché) et requiert un processus distinct selon le TAL.

Oui. Si vous refusez la cession de bail, le bail existant est résilié à la date prévue. Vous êtes alors libre de signer un nouveau bail avec le locataire de votre choix et de fixer le loyer au prix du marché. Cette liberté est l'un des avantages majeurs du droit de refus instauré par la Loi 31 : chaque départ via cession refusée est une opportunité de remettre le loyer à niveau et d'augmenter la valeur de votre plex ou multilogement sur la Rive-Nord.

Oui, indirectement. La valeur d'un immeuble à revenus est liée à son revenu net d'exploitation (RNO). Lorsque vous refusez une cession et re-louez au prix du marché, le loyer annuel de ce logement augmente — ce qui hausse le RNO et, via le multiplicateur de revenus bruts (MRB) ou le taux global d'actualisation (TGA), fait monter la valeur marchande de votre multilogement. Sur la Rive-Nord, un seul logement remis au marché peut représenter 50 000 $ à 100 000 $ de valeur supplémentaire pour l'immeuble.

Non, depuis la Loi 31. Avant, un locataire pouvait s'adresser au Tribunal administratif du logement si le propriétaire refusait sans motif sérieux. Depuis l'adoption de la Loi 31 le 21 février 2024, le propriétaire n'a plus besoin de motif pour refuser. Le locataire est simplement libéré du bail à la date prévue. Il n'existe plus de recours TAL pour forcer une cession refusée de bonne foi par un propriétaire de plex sur la Rive-Nord.

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