- Le gain en capital est imposé à 50 % d'inclusion au Canada en 2026 — seulement la moitié du gain est taxée à votre taux marginal.
- La récupération DPA est imposée à 100 % comme revenu ordinaire, l'année de la vente — sans possibilité d'étalement. C'est souvent la plus grosse surprise.
- La vente d'un plex résidentiel usagé est généralement exonérée de TPS/TVQ.
- La réserve pour gain en capital (vente avec balance de prix) permet d'étaler le gain sur max 5 ans — mais pas la récupération DPA.
- L'exonération cumulative des gains en capital (ECGC) ne s'applique PAS à un immeuble locatif détenu en direct.
Comment l'impôt sur le gain en capital s'applique-t-il à la vente d'un immeuble à revenus ?
Lorsque vous vendez un immeuble à revenus — qu'il s'agisse d'un duplex, d'un triplex ou d'un grand immeuble multilogement — la différence positive entre le prix de vente net et votre prix de base rajusté (PBR) constitue un gain en capital.
Qu'est-ce que le prix de base rajusté (PBR) ?
Le PBR est votre coût d'acquisition plus toutes les dépenses en capital ajoutées à l'immeuble depuis l'achat : réfection de la toiture, agrandissement, remplacement des fenêtres, etc. Il est important de bien documenter ces améliorations — elles réduisent directement votre gain imposable.
Quel taux d'inclusion en 2026 ?
Au Canada et au Québec, le taux d'inclusion du gain en capital est de 50 % en 2026. La hausse à 66,67 % qui avait été annoncée en 2024 a été annulée le 21 mars 2025 — le Québec s'est harmonisé à cette décision. Cela signifie que seulement la moitié de votre gain est ajoutée à votre revenu imposable de l'année.
Exemple simple : Gain en capital de 200 000 $ → 100 000 $ inclus dans votre revenu → imposés à votre taux marginal (jusqu'à environ 26,65 % d'impôt effectif sur le gain, pour un résident du Québec au taux maximal en 2026).
Les frais déductibles du gain
Du prix de vente, vous pouvez déduire les frais de disposition directement reliés à la vente : commissions de courtage, honoraires juridiques pour la vente, frais de publicité. Ces montants réduisent le produit de disposition, et donc votre gain net.
Qu'est-ce que la récupération d'amortissement et pourquoi est-elle un piège ?
La déduction pour amortissement (DPA) vous permet de déduire chaque année une portion du coût de l'immeuble (bâtiment seulement — pas le terrain) de vos revenus locatifs. Sur la durée, ces déductions réduisent la fraction non amortie du coût en capital (FNACC) de l'immeuble.
Quand vous vendez, si le prix de vente du bâtiment dépasse sa FNACC, la différence est appelée récupération d'amortissement. Et voici le piège :
La récupération d'amortissement est imposée à 100 % comme revenu ordinaire — au taux marginal complet, sans réduction. Elle n'est pas étalable dans le temps. Toute la récupération est incluse dans votre revenu l'année de la vente.
Concrètement, si vous avez réclamé 80 000 $ de DPA sur votre immeuble pendant 10 ans, et que vous vendez à un prix supérieur à votre FNACC, vous pourriez devoir rembourser, via l'impôt, l'essentiel de cet avantage fiscal — en une seule année. L'effet peut être brutal sur votre facture fiscale annuelle.
Terrain vs bâtiment : une distinction critique
Seul le bâtiment est amortissable — pas le terrain. Lors de la vente, il faut répartir le prix de vente entre la valeur du terrain et celle du bâtiment (par évaluation municipale, évaluation agréée, ou autre méthode raisonnable). Cette répartition influence directement le montant de la récupération DPA et du gain en capital. Un mauvais découpage peut créer des problèmes avec l'ARC ou Revenu Québec.
Ordre de calcul : récupération AVANT le gain
Sur le plan fiscal, la récupération d'amortissement est calculée et imposée avant le gain en capital. Elle s'empile sur votre revenu ordinaire (revenus d'emploi, revenus locatifs nets, etc.), ce qui peut vous propulser dans les tranches d'imposition les plus élevées avant même de comptabiliser le gain en capital.
Exemple chiffré : plex acheté 600 000 $, vendu 900 000 $
Voici un exemple concret illustrant les deux niveaux d'imposition pour un propriétaire particulier au Québec, dans une tranche d'imposition élevée (taux marginal combiné QC+fédéral d'environ 53,3 % sur le revenu ordinaire au-delà de 258 482 $).
Données de base
| Paramètre | Montant |
|---|---|
| Prix d'achat initial (2015) | 600 000 $ |
| Répartition : terrain (30 %) | 180 000 $ |
| Répartition : bâtiment (70 %) | 420 000 $ |
| DPA réclamée sur 10 ans (catégorie 1, 4 %) | 60 000 $ |
| FNACC du bâtiment au moment de la vente | 360 000 $ |
| Prix de vente (2026) | 900 000 $ |
| Frais de vente (courtage, notaire, etc.) | 27 000 $ |
| Produit net de disposition | 873 000 $ |
Calcul de la récupération d'amortissement
On répartit le produit net proportionnellement : terrain (30 %) = 261 900 $ / bâtiment (70 %) = 611 100 $.
Le prix du bâtiment (611 100 $) dépasse la FNACC (360 000 $) mais aussi le coût d'origine du bâtiment (420 000 $). La récupération est plafonnée au moindre du prix et du coût original moins la FNACC :
Récupération DPA = 420 000 $ − 360 000 $ = 60 000 $ → imposé comme revenu ordinaire (100 %).
Calcul du gain en capital
Gain sur le bâtiment : 611 100 $ − 420 000 $ = 191 100 $
Gain sur le terrain : 261 900 $ − 180 000 $ = 81 900 $
Gain en capital total = 273 000 $ → 50 % inclus = 136 500 $ de revenu imposable.
Résumé de l'impact fiscal estimé
Note : Ces calculs sont des estimations basées sur les taux marginaux maximaux 2026 (Québec + fédéral). Votre situation réelle dépend de vos autres revenus, de votre situation familiale et de nombreux autres facteurs. Consultez un comptable ou fiscaliste pour un calcul précis.
Faut-il payer la TPS/TVQ en vendant un plex ?
Bonne nouvelle pour la majorité des propriétaires : la vente d'un immeuble résidentiel existant occupé par des locataires est généralement exonérée de TPS (taxe sur les produits et services) et de TVQ (taxe de vente du Québec).
Les cas d'exonération (la majorité des ventes)
- Vente d'un immeuble résidentiel usagé (duplex, triplex, 6-plex, etc.) à usage exclusivement résidentiel
- Le vendeur n'est pas un constructeur au sens de la Loi sur la taxe d'accise
- L'immeuble a été utilisé pour la location résidentielle à long terme
Les cas où les taxes s'appliquent
- Immeuble neuf ou considéré comme neuf : si vous avez effectué une rénovation majeure (définie comme remplaçant 90 % ou plus des composantes de la bâtisse), l'immeuble peut être traité comme neuf, et la vente est taxable.
- Portion commerciale : si votre immeuble comprend des espaces commerciaux (bureau, commerce de détail), seule la portion commerciale est taxable.
- Constructeur revendeur : si vous achetez des immeubles pour les revendre (plutôt que pour les louer), vous êtes peut-être considéré comme constructeur et assujetti aux taxes.
En cas de doute sur l'application des taxes à votre situation, consultez les ressources officielles de Revenu Québec (TVQ — vente d'immeuble) ou de l'Agence du revenu du Canada (TPS — vente d'immeubles).
Comment réduire légalement l'impôt à la vente ?
Plusieurs stratégies légitimes permettent de réduire ou d'optimiser l'impôt à la vente d'un immeuble à revenus. Aucune ne fait disparaître la facture — mais certaines permettent de l'étaler ou de la minimiser significativement.
1. La réserve pour gain en capital (vente avec balance de prix)
Si vous vendez votre immeuble en finançant vous-même une portion du prix (appelée balance de prix de vente ou vendor take-back — VTB), vous n'encaissez pas la totalité du produit de vente l'année de la transaction. Dans ce cas, vous pouvez utiliser la réserve pour gain en capital : seule la portion du gain proportionnelle aux montants encaissés dans l'année est imposable, sur un maximum de 5 ans (avec un minimum de 20 % du gain reconnu par année).
Attention : La réserve s'applique uniquement au gain en capital, pas à la récupération d'amortissement. Celle-ci doit être entièrement déclarée l'année de la vente.
2. Optimiser le timing de la vente
Si vous prévoyez une année de revenus particulièrement élevés (salaire de départ, autres revenus importants), retarder la vente à une année où vos revenus ordinaires sont plus bas peut réduire votre taux marginal effectif, notamment sur la récupération DPA.
3. Documenter rigoureusement les améliorations capitales
Chaque dollar de dépense en capital (rénovations majeures, ajouts, améliorations qui augmentent la valeur ou prolongent la durée de vie de l'immeuble) augmente votre PBR et réduit donc votre gain en capital imposable. Conservez tous les contrats, factures et preuves de paiement pendant au minimum 6 ans après la vente.
4. Frais de vente : tous les déduire
Commission de courtage, honoraires du notaire pour la vente, frais d'inspection pré-vente si requis par l'acheteur, frais de marketing — tous ces montants sont déductibles du produit de disposition. N'en oubliez aucun.
5. Ne pas réclamer de DPA si vous prévoyez vendre bientôt
Si votre horizon de détention est court, il peut être judicieux de limiter ou d'arrêter la réclamation de DPA afin de réduire la récupération future. Cette décision doit être analysée au cas par cas, en tenant compte du bénéfice actuel des déductions vs. l'impact à la revente.
Ce qui ne fonctionne pas
Contrairement à ce que certains croient :
- L'exonération cumulative des gains en capital (ECGC) de 1 250 000 $ ne s'applique pas aux immeubles locatifs détenus en direct — uniquement aux actions admissibles de petite entreprise (AAPE) et aux biens agricoles/pêche.
- Il n'existe pas au Canada d'équivalent du "1031 exchange" américain : réinvestir dans un autre immeuble locatif ne permet pas de reporter le gain.
- Vendre ou donner l'immeuble à un proche à prix réduit ne fait pas disparaître l'impôt : la disposition réputée à la juste valeur marchande (JVM) s'applique aux personnes liées.
Vendre via une société : quel impact fiscal ?
Si votre immeuble est détenu dans une société par actions (corporation), les règles fiscales sont différentes — et souvent mal comprises.
Taux d'imposition en société
En société, les revenus locatifs sont des revenus de placement (passive income) — ils ne sont pas admissibles au taux réduit des petites entreprises (SPE/PME). Le taux combiné fédéral-québécois sur le revenu de placement (incluant la récupération DPA et le gain en capital) est d'environ 50,17 % en 2026.
Le compte de dividendes en capital (CDC)
Bonne nouvelle toutefois : lors de la vente, la société accumule dans son compte de dividendes en capital (CDC) un montant égal à 50 % du gain en capital net. Les fonds dans le CDC peuvent être distribués aux actionnaires sous forme de dividende en capital, entièrement libre d'impôt. C'est l'un des avantages importants de la détention corporative.
L'impôt en main remboursable au titre de dividendes (IMRTD)
Une portion de l'impôt payé en société sur les revenus de placement est versée dans un compte d'IMRTD — un impôt remboursable lorsque des dividendes imposables sont versés aux actionnaires. Cela crée un mécanisme d'intégration partiel entre l'imposition corporative et personnelle.
Roulement à l'article 85 : le report d'impôt
Si vous souhaitez transférer un immeuble détenu personnellement dans une société sans déclencher immédiatement l'impôt, un roulement fiscal à l'article 85 de la Loi de l'impôt sur le revenu peut permettre de reporter le gain — si la somme convenue dans la convention est fixée à votre coût d'acquisition. Attention : ce roulement peut déclencher des droits de mutation immobilière, à moins que certaines conditions de contrôle ne soient respectées.
Important : Les règles sur les sociétés sont complexes et dépendent fortement de votre situation personnelle (autres revenus, actionnaires, objectifs successoraux). Une planification avec un comptable ou fiscaliste spécialisé en immobilier est indispensable avant toute décision.
Pour approfondir les calculs de rentabilité et de fiscalité de votre plex, consultez aussi nos articles : Gains en capital : vente de plex au Québec 2026 et Frais de vente d'un plex au Québec — tout ce que vous devez savoir.
Ce guide présente des informations générales sur la fiscalité de la vente d'un immeuble à revenus au Québec en 2026. Il est fourni à titre éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou comptable. Les règles fiscales sont complexes et votre situation personnelle peut différer significativement des exemples présentés. Consultez toujours un comptable professionnel agréé (CPA) ou un fiscaliste avant de prendre toute décision liée à la vente de votre immeuble. Les lois fiscales peuvent changer — vérifiez les informations auprès de Revenu Québec et de l'Agence du revenu du Canada (ARC).
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