Fiscalité

Déclarer ses revenus locatifs au Québec : le guide des formulaires TP-128 et T776 pour proprio de plex

États financiers et documents pour déclarer les revenus locatifs d'un plex au Québec avec les formulaires TP-128 et T776

Déclarer ses revenus locatifs au Québec passe par deux formulaires que tout propriétaire de plex doit produire chaque année : le TP-128 auprès de Revenu Québec et le T776 auprès de l'Agence du revenu du Canada. C'est la déclaration annuelle des revenus de location — à ne pas confondre avec le gain en capital, qui ne survient qu'à la vente. Ce guide vous explique, étape par étape, comment déclarer votre revenu brut, quelles dépenses déduire, et comment répartir la quote-part si vous détenez votre duplex ou triplex à plusieurs. L'objectif : produire des formulaires exacts, réduire légalement votre impôt et éviter les erreurs qui attirent une vérification.

TP-128Annexe de Revenu Québec
T776État fédéral des loyers (ARC)
6 ansConservation des pièces justificatives

TP-128 et T776 : deux formulaires, une même logique

Au Québec, un particulier qui tire un revenu de la location d'un immeuble doit produire deux déclarations parallèles. Le formulaire TP-128 « Revenus et dépenses de location d'un bien immeuble » accompagne votre déclaration provinciale à Revenu Québec. Le formulaire T776 « État des loyers de biens immeubles » accompagne votre déclaration fédérale à l'Agence du revenu du Canada. Les deux suivent la même logique : revenu brut, moins les dépenses, égale le revenu (ou la perte) net de location.

Ce revenu net s'ajoute ensuite à votre revenu imposable et est taxé à votre taux marginal — comme un salaire. Rien à voir, donc, avec le gain en capital à la vente de votre plex, qui obéit à des règles complètement différentes et ne survient qu'une fois, au moment de céder l'immeuble.

Les deux paliers de déclaration en un coup d'œil

  • Revenu Québec : formulaire TP-128, guide IN-100 « Les revenus de location ».
  • Agence du revenu du Canada : formulaire T776, guide T4036 « Revenus de location ».
  • Mêmes revenus, mêmes dépenses, même quote-part inscrits aux deux paliers.

Sources : Revenu Québec — Revenus de location (ligne 136) et ARC — Guide T4036 Revenus de location.

Étape 1 — Calculer le revenu brut de location

Le revenu brut de location est le point de départ des deux formulaires. Il regroupe la totalité des sommes reçues de vos locataires pendant l'année civile, avant toute déduction. Pour un plex, cela inclut bien plus que le loyer de base.

  • Les loyers mensuels encaissés pour chaque logement;
  • Les revenus de stationnement, buanderie, rangement ou remisage facturés séparément;
  • Les montants de dernier mois de loyer lorsqu'ils sont effectivement appliqués comme loyer;
  • Toute somme reçue en échange d'un service lié à la location (déneigement facturé, meublé, etc.).

La plupart des petits propriétaires déclarent selon la méthode de caisse : vous inscrivez les loyers réellement encaissés durant l'année, pas ceux simplement facturés. Un loyer impayé n'est donc pas déclaré comme revenu tant qu'il n'est pas reçu — mais il ne devient pas non plus une dépense automatiquement. Pour évaluer l'impact d'un logement vacant ou d'un loyer en souffrance sur la rentabilité globale, notre guide de calcul du rendement d'un multilogement peut vous aider à replacer ces chiffres dans le portrait d'ensemble.

Calcul des dépenses d'exploitation et du revenu net d'un immeuble à revenus pour la déclaration de revenus locatifs au Québec
Revenu brut moins dépenses admissibles : c'est le revenu net de location déclaré sur le TP-128 et le T776.

Étape 2 — Déduire les bonnes dépenses

Vous pouvez déduire les dépenses courantes engagées pour gagner votre revenu de location. C'est ici que se joue l'essentiel de votre économie d'impôt — mais aussi le principal risque d'erreur. Le tableau suivant résume les postes les plus fréquents pour un plex.

Poste de dépenseDéductible?Précision
Taxes municipales et scolairesOuiPortion locative de l'immeuble
Prime d'assuranceOuiAssurance de l'immeuble locatif
Intérêts hypothécairesOuiLes intérêts seulement, pas le remboursement du capital
Électricité et chauffageOuiSi payés par le propriétaire
Entretien et réparationsOuiRemise en état; distinguer de l'amélioration en capital
Frais de gestion et publicitéOuiAnnonces pour trouver des locataires, gestion
Honoraires professionnelsOuiComptable, frais juridiques liés à la location
Remboursement du capital hypothécaireNonCe n'est pas une dépense déductible
Rénovation majeure / toiture neuveNon (courant)Dépense en capital : amortissable par la DPA

La distinction la plus délicate est celle entre une dépense courante (réparer, remettre dans l'état d'origine — déductible immédiatement) et une dépense en capital (améliorer, prolonger la durée de vie, remplacer un actif complet — amortissable seulement). Repeindre un logement est courant; refaire toute la toiture est du capital. En cas de doute, la position de Revenu Québec et de l'ARC repose sur la nature durable de l'amélioration.

Étape 3 — Répartir la quote-part et le logement occupé

Si vous détenez votre plex à plusieurs — avec un conjoint, un parent ou un associé — chaque copropriétaire déclare sa quote-part des revenus et des dépenses, selon son pourcentage réel de propriété. Un couple détenant l'immeuble à parts égales inscrira chacun 50 % du revenu net dans sa propre déclaration, au provincial comme au fédéral. Ce pourcentage doit refléter la propriété véritable au titre de propriété; on ne choisit pas librement la répartition pour minimiser l'impôt.

Autre situation courante sur la Rive-Nord : le propriétaire-occupant qui habite un logement de son duplex ou triplex. Dans ce cas, seule la portion louée génère un revenu de location. Les dépenses communes (taxes, assurance, chauffage central) doivent être réparties entre la partie personnelle et la partie locative, généralement au prorata de la superficie ou du nombre de logements.

Attention à la répartition raisonnable

La portion attribuable à votre propre logement n'est ni un revenu ni une dépense déductible. Utilisez une méthode de répartition raisonnable (superficie ou nombre de logements) et gardez-la constante d'une année à l'autre. Une répartition changeante ou exagérée en faveur de la partie locative est un signal d'alarme classique pour les autorités fiscales.

La DPA et le lien avec la vente

Pour les dépenses en capital (toiture, système de chauffage, agrandissement), vous ne déduisez pas le montant d'un coup : vous pouvez demander la déduction pour amortissement (DPA), qui étale la dépense sur plusieurs années selon la catégorie du bien. La DPA est facultative. Règle importante : elle ne peut jamais créer ni augmenter une perte locative. Si votre immeuble est déjà déficitaire avant la DPA, vous ne pouvez pas en demander cette année-là.

Surtout, demander de la DPA a une conséquence à la revente : elle peut déclencher une récupération d'amortissement, imposée comme un revenu ordinaire l'année de la vente. C'est un arbitrage à long terme, expliqué dans notre article dédié à la récupération de DPA à la vente de votre plex. La déclaration annuelle et la fiscalité de la vente sont donc reliées, mais restent deux mécanismes distincts.

Estimez le revenu net de votre plexUtilisez le calculateur de rendement pour visualiser revenus, dépenses et revenu net d'exploitation.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Déduire le remboursement du capital hypothécaire. Seuls les intérêts sont déductibles, jamais la portion capital de vos versements.
  • Confondre réparation et amélioration. Passer une rénovation majeure en dépense courante pour la déduire d'un coup est une erreur classique.
  • Oublier les revenus accessoires. Stationnement, buanderie et rangement sont des revenus locatifs imposables.
  • Mal répartir la quote-part. Chaque copropriétaire déclare selon sa propriété réelle, au provincial et au fédéral.
  • Créer une perte avec la DPA. La DPA ne peut pas générer de perte locative — l'ARC et Revenu Québec la refuseront.
  • Ne pas conserver les pièces. Gardez reçus, baux et relevés au moins six ans en cas de vérification.

Si votre immeuble accumule les pertes année après année et que la déclaration devient un fardeau, il peut être temps de réévaluer votre position. ImmoMulti achète des multilogements directement sur la Rive-Nord, sans courtier ni commission — une avenue à considérer quand la fiscalité de votre immeuble pèse plus lourd que le rendement.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis fiscal personnalisé. Consultez un comptable ou un fiscaliste, ainsi que Revenu Québec et l'Agence du revenu du Canada pour votre situation précise.

Questions fréquentes

Un particulier propriétaire d'un plex au Québec produit deux annexes : le TP-128 « Revenus et dépenses de location d'un bien immeuble » auprès de Revenu Québec, et le T776 « État des loyers de biens immeubles » auprès de l'Agence du revenu du Canada. Les deux calculent le revenu (ou la perte) net de location qui s'ajoute à votre revenu imposable. C'est une déclaration annuelle — distincte du gain en capital, qui ne survient qu'à la vente.

Le revenu brut correspond à la totalité des sommes reçues de vos locataires durant l'année : loyers mensuels, mais aussi stationnement, buanderie, rangement ou tout autre service facturé. On déclare les loyers encaissés (méthode de caisse), incluant les avances de dernier mois lorsqu'elles sont appliquées. Ce montant s'inscrit avant toute déduction, à la fois sur le TP-128 et le T776.

Les dépenses courantes engagées pour gagner un revenu de location sont généralement déductibles : taxes municipales et scolaires, prime d'assurance, intérêts hypothécaires (pas le capital), électricité et chauffage payés par le propriétaire, entretien et réparations, frais de gestion, honoraires professionnels et publicité. Les dépenses en capital (rénovation majeure, toiture) ne sont pas déductibles immédiatement : elles s'amortissent par la DPA. Voir le guide IN-100 de Revenu Québec et le guide T4036 de l'ARC.

Si vous détenez l'immeuble avec d'autres personnes (conjoint, associé, famille), chaque copropriétaire déclare sa quote-part des revenus et des dépenses selon son pourcentage de propriété. Un couple détenant le plex à parts égales inscrira chacun 50 % du revenu net. Il faut utiliser le même pourcentage au provincial (TP-128) et au fédéral (T776), et ce pourcentage doit refléter la propriété réelle.

Si vous occupez l'un des logements de votre duplex ou triplex, seule la portion louée génère un revenu de location. Vous répartissez les dépenses communes (taxes, assurance, chauffage) entre la partie personnelle et la partie locative, généralement au prorata de la superficie ou du nombre de logements. La portion de votre propre logement n'est ni un revenu ni une dépense déductible. Revenu Québec et l'ARC exigent une méthode raisonnable et constante.

Oui. Si vos dépenses admissibles dépassent votre revenu brut, vous déclarez une perte nette qui peut réduire vos autres revenus imposables de l'année. Attention : la DPA ne peut pas créer ni augmenter une perte locative. Si l'immeuble est déjà déficitaire avant la DPA, vous ne pouvez pas en demander cette année-là. La perte doit aussi provenir d'une véritable activité avec attente raisonnable de profit.

Oui. Conservez tous vos reçus, factures, relevés hypothécaires, comptes de taxes et baux à l'appui des montants déclarés. Revenu Québec et l'ARC recommandent de garder ces documents au moins six ans après la fin de l'année d'imposition, car ils peuvent demander des pièces lors d'une vérification. Un dossier bien tenu par immeuble facilite aussi la production de vos TP-128 et T776 chaque printemps.

Non. Ce sont deux choses distinctes. La déclaration annuelle (TP-128 et T776) porte sur les revenus et dépenses d'exploitation courants, année après année. Le gain en capital ne se calcule qu'une fois, à la vente : la différence entre le prix de vente et le coût d'acquisition. La vente peut aussi déclencher une récupération d'amortissement si vous avez demandé de la DPA. Ces deux mécanismes sont traités séparément.

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