ImmoMulti — acheteur direct de multilogements sur la Rive-Nord — voit régulièrement des ventes de plex retardées par un seul document oublié : le certificat de localisation. Quand vous vendez un immeuble à revenus au Québec, vous devez en pratique fournir un certificat à jour, qui reflète l'état actuel de la propriété, et déclarer toutes les servitudes (droit de passage, vue, empiètement, Hydro-Québec). Un certificat périmé ou un empiètement non déclaré peut faire dérailler la transaction à la dernière minute. Voici exactement comment un propriétaire-vendeur se prépare pour que ce document devienne un atout plutôt qu'un obstacle.
Qu'est-ce qu'un certificat de localisation et à quoi sert-il à la vente?
Le certificat de localisation est le document par lequel l'arpenteur-géomètre exprime son opinion professionnelle sur la situation et l'état actuel d'une propriété au regard des titres, du cadastre, de l'occupation et des lois et règlements. Il révèle les servitudes, les empiètements et la conformité aux règlements municipaux.
Selon l'Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec (OAGQ), le certificat de localisation est le document par lequel l'arpenteur-géomètre donne son opinion professionnelle sur la situation et l'état actuel d'un immeuble. On parle parfois du « bilan de santé » de la propriété : il indique son état au regard des titres, du cadastre, de l'occupation des lieux et des lois et règlements applicables.
Concrètement, pour votre plex ou multilogement, l'arpenteur y vérifie plusieurs éléments : l'emplacement exact des bâtiments par rapport aux limites du terrain, la conformité aux règlements municipaux (marges de recul, zonage), les servitudes qui grèvent la propriété, et les éventuels empiètements — sur le terrain voisin ou par le voisin sur le vôtre.
À la vente, ce document est central. La Chambre des notaires du Québec rappelle que la majorité des promesses d'achat prévoient que le vendeur fournira une copie authentique du certificat de localisation. Le notaire instrumentant l'analyse, en parallèle des déclarations du vendeur et de l'examen des titres, pour confirmer que ce que l'on vend correspond à ce qui est sur le terrain.
Source : Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec — Certificat de localisation.
Pourquoi le certificat doit-il refléter l'état actuel de la propriété?
Un certificat de localisation à jour montre l'état actuel — physique et juridique — de l'immeuble au moment de la transaction : bâtiments, clôtures, entrées, servitudes, zones inondables. Aucune loi ne le rend automatiquement « périmé », mais le milieu exige un certificat de moins de 10 ans qui correspond toujours à la réalité des lieux.
L'OAGQ est clair sur un point souvent mal compris : aucune loi ni aucun règlement ne rend automatiquement un certificat de localisation « obsolète » ou « expiré ». En théorie, un certificat reste l'opinion de l'arpenteur à la date où il l'a signé. Mais — et c'est tout l'enjeu pour le vendeur — plus le temps passe, plus la probabilité augmente que la situation de la propriété ait changé depuis.
Qu'est-ce qui peut changer? Beaucoup de choses sur un plex : une nouvelle galerie, un agrandissement, un cabanon, une piscine, une clôture déplacée, une nouvelle servitude inscrite, une modification au cadastre du Québec ou aux règlements municipaux. Dès qu'un de ces éléments survient, le certificat ne reflète plus l'état actuel.
C'est pourquoi la Chambre des notaires du Québec et l'organisme d'autoréglementation du courtage immobilier exigent de leurs membres un certificat de moins de 10 ans, même lorsqu'aucune modification apparente ne semble avoir été faite. Et même à l'intérieur de ce délai, le notaire juge si le certificat au dossier décrit toujours la condition réelle de la propriété : si vous avez ajouté une dépendance il y a deux ans, un certificat de cinq ans est techniquement récent mais ne reflète plus l'état des lieux.
Le piège du certificat « récent mais dépassé »
Un certificat de 6 ans peut être refusé par le notaire ou le prêteur de l'acheteur si vous avez modifié les lieux depuis (ajout d'un logement, agrandissement, nouvelle structure). « Moins de 10 ans » est un seuil nécessaire mais pas suffisant : le certificat doit aussi correspondre à la réalité actuelle de votre immeuble à revenus.
Sources : OAGQ — Durée de vie du certificat de localisation · Chambre des notaires du Québec — Certificat de localisation de moins de 10 ans.
Quelles servitudes faut-il déclarer à la vente d'un immeuble à revenus?
Toutes les servitudes qui grèvent l'immeuble doivent être déclarées : droit de passage, servitude de vue, servitude de services publics (Hydro-Québec, égout, aqueduc), servitude de non-construction. La vente avec garantie légale prévoit que l'immeuble est libre de toute charge, sauf celles déclarées au moment de la vente.
Une servitude est une charge imposée à votre immeuble (le « fonds servant ») au profit d'un autre immeuble ou d'un tiers. Sur un plex de la Rive-Nord, les plus fréquentes sont :
- La servitude de passage — selon l'OAGQ et Éducaloi, elle permet à une ou plusieurs personnes de passer, à pied ou en véhicule, sur un terrain qui ne leur appartient pas. Pensez à une entrée de cour partagée ou à un accès arrière vers un autre lot.
- La servitude de vue — liée aux fenêtres ou ouvertures donnant sur le terrain voisin. Lorsqu'une ouverture ne respecte pas les règles, voisins et propriétaires peuvent régulariser la situation en signant un document chez le notaire.
- Les servitudes de services publics — droit de passage d'Hydro-Québec, de lignes électriques, d'égout ou d'aqueduc traversant votre terrain.
- Les servitudes de non-construction ou de coulée — qui limitent ce que vous pouvez bâtir sur une partie du terrain.
Pourquoi est-ce capital de les déclarer? Parce que la vente avec garantie légale — le régime par défaut au Québec — prévoit, comme le rappelle la Chambre des notaires, que l'immeuble est libre de toute charge (hypothèque, servitude, etc.) sauf celles déclarées au moment de la vente. Si une servitude existe et n'a pas été déclarée, vous vous exposez à un recours de l'acheteur.
La bonne nouvelle : les servitudes apparaissent normalement au certificat de localisation et au registre foncier. C'est précisément pour cela que la combinaison certificat à jour + examen des titres par le notaire est essentielle — l'arpenteur donne son opinion sur les servitudes apparentes, et le notaire vérifie celles inscrites aux titres.
« Le certificat de localisation est le document par lequel l'arpenteur-géomètre exprime son opinion sur la situation et l'état actuel d'une propriété, notamment au regard des titres, du cadastre, de l'occupation et des servitudes qui la grèvent. »
— D'après l'Ordre des arpenteurs-géomètres du Québec (oagq.qc.ca)Sources : OAGQ — Vente ou achat d'une propriété · Éducaloi — Le registre foncier.
Comment un empiètement non déclaré peut-il faire échouer la vente?
Un empiètement, c'est une construction (clôture, cabanon, galerie, stationnement) qui dépasse sur le terrain voisin — ou inversement. La vente avec garantie légale prévoit que l'immeuble n'empiète pas sur le voisin et vice versa. Un empiètement révélé par le certificat de localisation et non réglé peut bloquer le financement de l'acheteur et faire avorter la transaction.
L'empiètement est sans doute le problème le plus susceptible de faire dérailler une vente de plex à la dernière minute. Il survient lorsqu'une structure dépasse la limite de propriété : une clôture installée du mauvais côté, un cabanon qui mord sur le lot voisin, une galerie ou un stationnement qui empiète. L'arpenteur-géomètre le signale clairement au certificat de localisation.
Or, la garantie légale prévoit que l'immeuble vendu n'empiète pas sur la propriété voisine, et vice versa. Quand le certificat révèle un empiètement, l'acheteur — et surtout son prêteur hypothécaire — peut refuser de procéder tant que la situation n'est pas régularisée. Pour un multilogement financé par une institution, c'est souvent un point de blocage net.
Selon le cas, et avec l'avis d'un notaire, l'empiètement se règle de différentes façons :
| Situation | Solution possible | À prévoir |
|---|---|---|
| Empiètement mineur et toléré | Servitude notariée d'empiètement consentie par le voisin | Entente + frais de notaire |
| Clôture/cabanon du mauvais côté | Déplacement ou retrait de la structure | Délai et coûts de travaux |
| Empiètement contesté | Entente écrite, compensation ou démarche juridique | Peut retarder la vente plusieurs semaines |
| Empiètement par le voisin sur vous | Avis au voisin; retrait, servitude ou compensation | Selon que le voisin était de bonne foi |
Éducaloi rappelle d'ailleurs que face à un empiètement, il faut d'abord aviser le voisin; si celui-ci ignorait l'empiètement et qu'il vous cause un inconvénient, vous pouvez notamment exiger qu'il retire la structure et remette le terrain en état, ou demander une compensation. Toutes ces démarches prennent du temps — d'où l'intérêt de les régler avant de mettre votre plex en vente.
Sources : OAGQ — Limites de propriété · Éducaloi — Les troubles de voisinage.
Comment se préparer avant de vendre votre plex au Québec?
Sortez votre certificat de localisation, vérifiez sa date et s'il reflète l'état actuel des lieux. S'il a plus de 10 ans ou si vous avez modifié l'immeuble, mandatez un arpenteur-géomètre dès maintenant — pas après avoir accepté une promesse d'achat. Listez les servitudes connues et réglez tout empiètement en amont avec l'aide d'un notaire.
Le secret d'une vente fluide tient en un mot : anticipation. Voici la marche à suivre pour un propriétaire-vendeur de plex ou multilogement :
1. Retrouvez et datez votre certificat actuel
Il se trouve souvent dans vos documents d'achat ou chez le notaire qui a instrumenté votre acquisition. Vérifiez sa date de signature. S'il a plus de 10 ans, considérez qu'il faudra le renouveler.
2. Confrontez-le à l'état réel des lieux
Même récent, le certificat est-il toujours fidèle? Avez-vous ajouté une galerie, un stationnement, une dépendance, modifié une clôture, ajouté un logement? Si oui, un nouveau certificat sera nécessaire pour refléter l'état actuel.
3. Mandatez l'arpenteur-géomètre tôt
Les délais d'obtention varient selon la saison et la charge de travail des arpenteurs — la demande grimpe au printemps et à l'été. Demander un certificat à la dernière minute est l'une des causes classiques de report d'une signature chez le notaire. Mandatez l'arpenteur dès que vous décidez de vendre.
4. Faites l'inventaire des servitudes et empiètements
Listez ce que vous connaissez : droits de passage, présence d'Hydro-Québec, ententes verbales avec un voisin, structures près des limites. Confiez le tout au notaire pour qu'il croise cette information avec le registre foncier et le certificat.
Votre dossier de vente « certificat + servitudes »
- Certificat de localisation de moins de 10 ans reflétant l'état actuel
- Liste écrite des servitudes connues (passage, vue, Hydro, services publics)
- Empiètements identifiés et, idéalement, déjà réglés ou en voie de l'être
- Copie de vos titres de propriété pour le notaire
- Documents d'agrandissement, permis et modifications postérieurs au dernier certificat
Le réflexe vendeur sur la Rive-Nord : éviter les reports de signature
Sur la Rive-Nord (Terrebonne, Mascouche, Blainville, Boisbriand, Saint-Jérôme, Saint-Eustache), un certificat de localisation à jour et des servitudes clairement déclarées rassurent l'acheteur et son prêteur. C'est un argument de confiance qui accélère la transaction et protège votre prix de vente.
Sur la Rive-Nord de Montréal, où le marché du plex et du multilogement reste actif, les acheteurs et leurs prêteurs sont exigeants sur la documentation. Un vendeur qui présente d'emblée un certificat de localisation impeccable et une déclaration claire des servitudes envoie un signal fort : le dossier est propre, il n'y a pas de mauvaise surprise à craindre.
À l'inverse, découvrir un empiètement ou une servitude non déclarée en pleine période d'inspection donne à l'acheteur un levier pour renégocier le prix, exiger une correction à vos frais, ou se retirer. Dans un marché où chaque semaine de délai compte, l'anticipation protège directement la valeur de votre immeuble à revenus.
Pour aller plus loin sur les documents à réunir, consultez notre guide sur la déclaration du vendeur d'un immeuble à revenus, complémentaire à cet article, et notre survol du rôle du notaire à la vente d'un multilogement.
ImmoMulti : acheteur direct de multilogements sur la Rive-Nord
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Un certificat de localisation à jour et des servitudes bien déclarées ne sont pas de simples formalités : ce sont les fondations d'une vente sans accroc. Pour les cas précis — empiètement litigieux, servitude complexe, doute sur la validité du certificat — consultez toujours un arpenteur-géomètre et un notaire, seuls habilités à se prononcer sur votre situation.