Opinion

Loyers en baisse : plex Rive-Nord à risque?

Chronique d'opinion de l'Équipe ImmoMulti. Les faits sont sourcés ; les opinions sont les nôtres.

Facteurs du marché locatif multilogement Rive-Nord 2026 — détente et taux d'inoccupation

Les manchettes sonnent l'alarme : les loyers baissent au Canada, le taux d'inoccupation monte. La SCHL a publié le 9 juin 2026 sa mise à jour de mi-année sur le marché locatif — et les investisseurs immobiliers sur la Rive-Nord se demandent si leur plex ou multilogement est exposé. La réponse courte : ça dépend. Et la réponse longue vaut la peine d'être lue avant de prendre une décision.

2,9 %Taux d'inoccupation Montréal (SCHL, juin 2026)
5,0 %Taux d'inoccupation Calgary — marché nettement plus mou
Post-2020Immeubles les plus touchés par les vacances

L'opinion tranchée : ce n'est pas votre triplex qui est en crise

Quand les grands médias titrent que les loyers baissent, ils parlent d'une réalité bien précise : les nouvelles constructions locatives haut de gamme, achevées en masse depuis 2023, qui ne trouvent pas preneur au prix demandé. À Toronto, des propriétaires de condos locatifs offrent des mois gratuits, le stationnement inclus, des cartes-cadeaux à la signature. À Vancouver, même chose. Au Canada, selon la mise à jour de mi-année de la SCHL publiée le 9 juin 2026 dans La Presse, la suroffre de nouvelles unités achevées « donne aux locataires plus de pouvoir de négociation » — mais surtout dans des segments de marché précis.

Mon opinion, tranchée et assumée : votre vieux duplex de Mascouche ou votre triplex de Saint-Eustache n'est pas dans cette catégorie. Le marché locatif québécois opère à deux vitesses, et la Rive-Nord n'est pas en train de s'effondrer. Ce que vous lisez dans les manchettes, c'est la réalité des tours de 200 logements construites après la pandémie, à Montréal-Ville ou dans les couronnes de Toronto. Pas la réalité de votre immeuble à revenus de 1960 ou de 1985.

Pourquoi les taux de vacance sont concentrés dans le neuf — et pas chez vous

La mise à jour de mi-année 2026 de la SCHL l'écrit noir sur blanc : les taux d'inoccupation les plus élevés se concentrent dans les immeubles construits après 2020, et particulièrement ceux situés à proximité des campus universitaires (baisse de la population étudiante étrangère). Dans les vieux immeubles stables — famille, logements modérément loués, locataires de longue date — la rotation reste faible et le marché demeure serré.

Pourquoi? Parce que le locataire-type d'un vieux plex sur la Rive-Nord ne cherche pas un appartement neuf à 2 200 $/mois au centre-ville. Il cherche un 4½ à prix raisonnable, dans un quartier qu'il connaît, près de ses enfants ou de son travail. Ce locataire, votre immeuble peut encore le lui offrir. Le condo-tour à Laval ou Brossard, lui, doit se battre contre ses propres voisins de palier pour attirer qui que ce soit.

Immeuble à revenus Rive-Nord — Laval, Terrebonne, marché locatif multilogement

Ce que la SCHL confirme pour les vieux immeubles stables

  • Rotation des locataires plus faible que dans les unités haut de gamme
  • Loyers en place des unités occupées continuent d'augmenter (via TAL)
  • Besoins en logements abordables persistants — demande structurelle soutenue

Source : SCHL — Mise à jour du marché locatif de mi-année 2026 (9 juin 2026) et La Presse — Logements neufs et moins de demande : les loyers baissent au Canada (9 juin 2026).

Montréal à 2,9 % : pas idéal, mais loin du désastre

Mettons le taux d'inoccupation de 2,9 % à Montréal en perspective. Selon la SCHL :

MarchéTaux d'inoccupation (mi-2026)Signal
Calgary5,0 %Marché très mou, concessions fréquentes
Vancouver3,7 %Détente marquée, loyers demandés en baisse
Toronto3,0 %Surplus visible dans les nouvelles unités
Montréal2,9 %Transition graduelle, marché encore relativement serré
Halifax2,7 %Stabilisation après baisses antérieures

À Montréal, la SCHL parle de « peu de changement » dans les loyers demandés et d'une « transition graduelle » entre un marché serré et un marché plus doux. Ce n'est pas l'effondrement de Calgary ou même la détente vive de Vancouver. Et la Rive-Nord — avec ses locataires familiaux, ses maisons de ville et ses plex de 2 à 6 logements — reflète encore mieux cette stabilité relative.

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Vos locataires en place sont votre meilleur bouclier

Voici le mécanisme que beaucoup de propriétaires oublient : en vertu du régime québécois, les loyers des unités occupées ne suivent pas le marché libre. Ils sont ajustés chaque année selon la méthode du TAL — un calcul basé sur l'IPC, les taxes, l'assurance et les travaux. Ce mécanisme, souvent critiqué parce qu'il plafonne les hausses, vous protège aussi dans la détente : même si les loyers demandés pour les nouvelles locations baissent, vos locataires actuels voient leurs loyers évoluer indépendamment du marché.

Autrement dit : si vous avez un triplex entièrement loué avec des locataires stables à Terrebonne, la détente de 2026 sur les loyers demandés ne touche pas directement vos revenus de l'année. Votre bouclier, ce sont les baux en vigueur.

Analyse de rendement multilogement — calculatrice de loyer plex Rive-Nord

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L'avocat du diable : quand la détente devient votre problème

Soyons honnêtes. Il y a un scénario où la détente locative de 2026 vous touche directement : quand un logement se libère.

Si l'un de vos locataires quitte son appartement cet été, vous devez maintenant le louer au prix du marché actuel — et ce marché a changé. Les locataires en recherche active ont plus de choix qu'en 2023-2024. Ils voient des annonces de condos neufs avec un mois gratuit, des annonces d'autres vieux plex dont les propriétaires, paniqués par les manchettes, ont baissé leurs prix. Votre logement vacant est en compétition directe avec tout ça.

Le piège à éviter : partir des prix de 2024

Si votre logement vacant est affiché au prix que vous auriez demandé il y a deux ans, vous risquez de rester plusieurs mois sans locataire. Un logement vide coûte plus cher qu'un loyer légèrement sous le marché. Faites une étude comparative sérieuse des logements disponibles dans votre secteur de la Rive-Nord avant de fixer votre prix de relocation.

Par ailleurs, la SCHL est claire sur l'horizon : la demande locative devrait se raffermir dans les prochaines années, portée par les jeunes adultes qui forment des ménages et par la reprise progressive de l'immigration. Les baisses de loyers observées aujourd'hui dans les segments haut de gamme ne sont pas nécessairement permanentes. Mais entre maintenant et le raffermissement — il peut s'écouler 12 à 24 mois pendant lesquels un propriétaire avec un logement vacant doit naviguer un marché moins favorable qu'avant.

Enfin, si votre immeuble souffre déjà — logements plus anciens, rénovations urgentes, loyers élevés pour un vieux plex — la détente amplifie la pression. Ce n'est pas le moment de surestimer votre marge.

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Le verdict : ne paniquez pas, mais restez lucide

Si vous êtes un propriétaire de vieux plex sur la Rive-Nord, avec des locataires en place et des loyers sous le marché : la détente locative de 2026 n'est pas votre crise immédiate. Vos revenus sont protégés par les baux et le mécanisme du TAL, votre parc est en concurrence avec les mauvais adversaires (le condo neuf à 2 200 $/mois, pas votre voisin de rue).

Si en revanche vous avez des logements vacants, ou si vous prévoyez des roulements de locataires dans les prochains mois, adaptez votre stratégie. Faites une vraie étude de marché. Soyez prêts à louer un peu sous le prix de pointe de 2024. Et prenez soin de vos bons locataires actuels : dans un marché de recherche de logement un peu plus ouvert, les garder devient encore plus précieux.

Le marché locatif à deux vitesses que décrit la SCHL joue — pour une fois — en faveur des propriétaires de vieux plex bien entretenus et bien situés sur la Rive-Nord. Ce n'est pas le moment de paniquer. C'est le moment de comprendre votre position et d'en tirer avantage.

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Questions fréquentes

Selon la mise à jour de mi-année 2026 de la SCHL (publiée le 9 juin 2026), les loyers demandés pour les nouvelles locations ont effectivement diminué dans plusieurs grands marchés canadiens — dont certains segments à Montréal. Mais cette baisse est concentrée dans les immeubles construits après 2020, notamment les condos locatifs haut de gamme. Les loyers des unités occupées dans les vieux plex continuent d'être ajustés selon la méthode du TAL.

La SCHL rapporte un taux d'inoccupation de 2,9 % dans la région de Montréal (données de mi-2026). C'est en hausse par rapport aux creux historiques des années précédentes, mais encore inférieur à Toronto (3,0 %), Vancouver (3,7 %) et Calgary (5,0 %). Le marché montréalais reste relativement stable comparé aux autres grandes villes canadiennes.

Selon la SCHL, le surplus de nouvelles unités achevées en début 2026 — supérieur aux niveaux de 2025 — dépasse la demande dans le segment haut de gamme. Les immeubles construits après 2020, souvent proches des campus universitaires, affichent les taux de vacance les plus élevés. Les propriétaires de ces unités doivent offrir des concessions (mois gratuits, stationnement inclus) pour attirer des locataires.

Si tous vos logements sont occupés par des locataires stables, votre situation est protégée à court terme : vos loyers en place continuent d'évoluer selon la méthode du TAL, indépendamment des loyers demandés sur le marché. En revanche, si l'un de vos logements se libère, vous devrez le louer au prix du marché actuel — en concurrence avec des unités neuves qui offrent des concessions. C'est là que la vigilance s'impose.

Oui. Si un logement se libère en 2026, ne partez pas de vos prix de 2024 comme référence. Le marché de relocation a évolué : les loyers demandés pour les nouvelles locations sont plus bas qu'au pic de 2023-2024. Faites une étude de marché sérieuse (logements comparables dans votre secteur Rive-Nord) avant de fixer votre nouveau loyer. Un logement vacant longtemps coûte plus cher qu'un loyer légèrement en dessous du marché.

Pour un investisseur qui achète un plex existant avec des locataires déjà en place et des loyers sous le marché, la détente change peu de choses à court terme. En revanche, pour qui achète un immeuble neuf ou avec des logements vacants, les projections de revenu doivent tenir compte d'un marché de relocation plus compétitif en 2026 qu'en 2024.

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