Le compte de taxes est arrivé, et le choc est réel : avec les nouveaux rôles d'évaluation foncière 2025-2027, des dizaines de villes québécoises affichent des hausses d'évaluation qui se situent généralement entre 40 et 50 %. Pour un propriétaire de plex ou de multilogement sur la Rive-Nord, deux questions se posent immédiatement : faut-il contester cette nouvelle valeur, ou est-ce le signal qu'il est temps de vendre? Ce guide démêle le vrai du faux sur le rôle foncier, détaille la procédure de contestation et vous aide à trancher entre contester votre évaluation et vendre votre immeuble à revenus.
Les nouveaux rôles d'évaluation 2025-2027 et la hausse de 40 à 50 %
Tous les trois ans, chaque municipalité dépose un nouveau rôle d'évaluation foncière : un registre qui fixe la valeur de chaque immeuble de son territoire pour fins de taxation. Les rôles déposés pour la période 2025-2027 reflètent la forte appréciation immobilière des dernières années. Résultat : dans une trentaine de villes du Québec, les hausses d'évaluation se situent généralement entre 40 et 50 %, selon les reportages de La Presse, de Radio-Canada et du Devoir.
Il faut le dire clairement : ce 40 à 50 % est une moyenne provinciale. L'ampleur exacte varie d'une municipalité à l'autre, d'un quartier à l'autre et même d'un immeuble à l'autre. Un plex situé dans un secteur très convoité de la Rive-Nord peut grimper davantage; un autre, moins. Pour connaître le chiffre précis applicable à votre multilogement, la seule source fiable est votre nouveau compte de taxes ou le rôle consultable auprès de votre ville.
Cette réévaluation tombe à un moment où les propriétaires de plex absorbent déjà la hausse des primes d'assurance, des coûts d'entretien et des taux hypothécaires. L'évaluation foncière s'ajoute à une liste de dépenses qui ne cesse de s'allonger pour les propriétaires d'immeubles à revenus.
Source : reportages de La Presse, Radio-Canada et Le Devoir sur les rôles d'évaluation foncière 2025-2027.
Le mythe à déboulonner : une hausse de valeur n'est pas une hausse de taxe
C'est l'erreur la plus répandue chez les propriétaires de plex : croire qu'une évaluation qui bondit de 45 % signifie automatiquement une facture de taxes 45 % plus élevée. Ce n'est pas le cas.
Lorsque la valeur globale du parc immobilier d'une ville augmente, la municipalité ajuste son taux de taxation à la baisse pour percevoir à peu près le même montant total. Une évaluation plus haute multipliée par un taux plus bas ne donne donc pas nécessairement une explosion de votre compte de taxes.
Attention : le piège de la redistribution du fardeau
La réévaluation ne fait pas que monter les chiffres : elle redistribue le fardeau fiscal entre les propriétaires. Si la valeur de votre plex augmente plus vite que la moyenne de votre ville, votre part relative grimpe et vos taxes montent réellement. Si elle augmente moins vite que la moyenne, votre fardeau peut même diminuer. Ne tirez donc aucune conclusion du seul pourcentage de hausse de votre évaluation : c'est l'écart avec la moyenne municipale qui compte.
Cette nuance est essentielle pour décider intelligemment entre contester et vendre. Un propriétaire de multilogement qui panique devant une hausse de 48 % alors que la moyenne de sa ville était de 50 % se trompe de combat : sa part de taxes pourrait à peine bouger.
Source : chroniques de La Presse — « Pour en finir avec les mythes concernant le rôle foncier » (10 septembre 2025).
Contester son évaluation foncière : la procédure étape par étape
Si vous estimez que la nouvelle valeur de votre plex dépasse sa valeur marchande réelle, vous avez le droit de la contester. La démarche officielle s'appelle une demande de révision, et elle se dépose auprès de l'organisme municipal responsable de l'évaluation. Voici les grandes étapes.
| Étape | Ce que vous faites | À surveiller |
|---|---|---|
| 1. Vérifier la valeur | Comparer l'évaluation de votre plex à des ventes récentes d'immeubles similaires | Visez des comparables de même type (duplex, triplex) et même secteur |
| 2. Réunir les preuves | Rassembler ventes comparables, revenus de loyer réels, vices ou particularités | Plus la preuve est documentée, plus la demande est solide |
| 3. Déposer la demande de révision | Remplir le formulaire auprès de l'organisme municipal d'évaluation | Respecter le délai prescrit après le dépôt du rôle |
| 4. Réponse de l'évaluateur | L'évaluateur peut proposer une nouvelle valeur ou maintenir la sienne | Une entente à cette étape évite un recours plus long |
| 5. Recours au TAQ | En cas de désaccord, porter la cause au Tribunal administratif du Québec | Souvent : frais additionnels et évaluateur agréé |
Le point le plus délicat est le délai. La loi fixe une période pour déposer une demande de révision après le dépôt du rôle, mais la date limite exacte dépend de chaque municipalité. Plutôt que de vous fier à une date approximative, consultez directement le site de votre ville sur la Rive-Nord ou les renseignements du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation (MAMH). Un dépôt hors délai est généralement irrecevable, peu importe la qualité de votre dossier.
« Une demande de révision bien montée repose moins sur le sentiment d'injustice que sur des comparables solides : qu'est-ce que des plex semblables se sont réellement vendus, dans le même secteur, à la date de référence du rôle? »
— Principe d'évaluation appliqué par les propriétaires aguerris de multilogements
Pourquoi si peu de propriétaires de plex contestent réellement
Malgré l'ampleur des hausses, la contestation reste une démarche minoritaire. En moyenne, seulement 0,5 % à 1 % des propriétaires contestent leur nouvelle évaluation. La majorité des propriétaires de plex et de multilogements ne franchissent jamais cette étape — souvent par méconnaissance de la procédure, par crainte de la complexité, ou simplement parce que le délai est passé.
Les choses changent toutefois avec les rôles 2025-2027. À Québec, on a enregistré une hausse de 31 % des contestations, soit 1445 demandes contre 1101 au rôle précédent. Le signal est clair : de plus en plus de propriétaires jugent que leur évaluation ne reflète pas la réalité de leur immeuble.
- Méconnaissance du droit de contester — beaucoup ignorent que la demande de révision existe et qu'elle est accessible.
- Délai serré et mal compris — la fenêtre pour déposer se referme vite après le dépôt du rôle.
- Manque de comparables — sans données de ventes solides, la démarche paraît vouée à l'échec.
- Le mythe « valeur = taxe » — certains contestent par réflexe, sans vérifier si leur fardeau réel a vraiment augmenté.
Source : Radio-Canada — Contestation et révision de l'évaluation foncière.
Contester ou vendre votre plex sur la Rive-Nord : faire le bon arbitrage
Voilà la vraie question pour le propriétaire d'un immeuble à revenus. Contester peut faire baisser vos taxes; vendre vous libère entièrement du fardeau. Le bon choix dépend de votre situation, de l'écart entre votre évaluation et la valeur marchande, et de vos intentions à long terme.
| Critère | Plutôt contester | Plutôt vendre |
|---|---|---|
| Écart avec la valeur marchande | Évaluation nettement plus haute que ce que vaut votre plex | Évaluation proche de la valeur réelle de marché |
| Horizon de détention | Vous comptez garder l'immeuble plusieurs années | Vous envisagiez déjà de vous départir du plex |
| Rentabilité actuelle | L'immeuble reste rentable malgré les taxes | Taxes et dépenses compriment déjà votre marge |
| Énergie disponible | Vous pouvez monter un dossier de comparables | Vous voulez sortir sans démarche administrative |
N'oubliez pas l'angle souvent négligé : une évaluation élevée pénalise aussi un futur acheteur. Elle gonfle la base de calcul de la taxe de bienvenue qu'il devra payer à l'achat, et elle alourdit les taxes annuelles qu'il assumera. Pour mieux comprendre ce coût d'acquisition, consultez notre page sur la taxe de bienvenue. Cet effet peut peser sur le prix qu'un acheteur est prêt à offrir — d'où l'intérêt de bien arbitrer entre contester aujourd'hui ou vendre votre multilogement avant que les charges ne pèsent davantage.
Ce que les nouveaux rôles changent pour votre multilogement sur la Rive-Nord
La Rive-Nord de Montréal — Terrebonne, Mascouche, Blainville, Boisbriand, Saint-Jérôme, Saint-Eustache, Deux-Montagnes, Mirabel — fait partie des secteurs où les valeurs immobilières ont fortement progressé, ce qui se reflète dans les nouveaux rôles d'évaluation. Pour les propriétaires de plex et de multilogements de la région, la pression est double.
Des loyers encadrés, des dépenses qui montent
Vos revenus de loyer sont plafonnés par la méthode de calcul du Tribunal administratif du logement (TAL), mais vos taxes, elles, ne le sont pas de la même façon. Quand l'évaluation et le compte de taxes grimpent alors que les loyers en place ont pris du retard sur le marché, la rentabilité de votre immeuble à revenus se comprime directement.
Une fenêtre de vente encore favorable
La contrepartie de cette hausse d'évaluation, c'est que les plex de la Rive-Nord conservent une forte valeur de marché. Pour un propriétaire qui hésite, c'est une fenêtre : la valeur de revente reste élevée aujourd'hui, alors que les pressions sur les charges, elles, ne font que s'accentuer. Attendre que la rentabilité se dégrade davantage peut réduire la valeur perçue de l'immeuble.
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Faire les calculs avant de décider
Avant de trancher entre contester et vendre, mettez les deux scénarios côte à côte : l'économie de taxes que vous pourriez obtenir en contestant, contre le capital que vous pourriez récupérer aujourd'hui en vendant. Pour situer l'enjeu dans le contexte plus large de la rentabilité, notre dossier sur le plex non rentable au Québec et celui sur la hausse des assurances de plex sur la Rive-Nord complètent ce portrait des dépenses qui pèsent sur les propriétaires de multilogements.