Réglementation

Sous-location Airbnb illégale dans votre plex : vos recours de propriétaire sur la Rive-Nord

Plex sur la Rive-Nord illustrant la sous-location Airbnb à court terme

Vous découvrez que votre locataire affiche votre logement sur Airbnb sans vous en avoir parlé. Des valises inconnues dans l'entrée, un va-et-vient de touristes, des voisins inquiets : la sous-location illégale est l'un des cauchemars les plus concrets pour un propriétaire de plex ou de multilogement. Et vous n'êtes pas seul : selon la CORPIQ, environ 13 000 de ses membres seraient aux prises avec des locataires qui sous-louent à leur insu, dans l'illégalité, sur des plateformes de type Airbnb. Ce guide explique vos recours réels — du Tribunal administratif du logement à Revenu Québec — et pourquoi certains propriétaires de la Rive-Nord finissent par choisir de vendre.

13 000Membres CORPIQ touchés par la sous-location illégale
50 000 $Dommages punitifs dans l'affaire Roccabella
15 joursDélai pour refuser une sous-location

Un phénomène qui touche des milliers de propriétaires québécois

La sous-location touristique illégale n'est pas un cas isolé : c'est un problème structurel, amplifié par la crise du logement. Des locataires constatent qu'ils peuvent générer davantage de revenus en louant à la nuitée sur Airbnb qu'en payant leur loyer mensuel — et le font sans jamais demander l'accord de leur propriétaire.

L'ampleur du phénomène est documentée. Selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, environ 13 000 de ses membres seraient confrontés à des locataires qui sous-louent leur logement à leur insu, dans l'illégalité, sur des plateformes de type Airbnb. Pour un propriétaire de plex sur la Rive-Nord, le problème ne se limite pas à une question de principe : sous-location illégale rime souvent avec usure accélérée du logement, plaintes des autres locataires de l'immeuble, risques d'assurance et tensions de voisinage.

Source : La Presse — « Les sous-locations illégales affecteraient des milliers de propriétaires » (CORPIQ)

Cette dynamique s'inscrit dans un contexte plus large. Comme le documente Le Devoir, certains locataires profitent de la rareté des logements pour transformer leur bail en source de revenus parallèle — au détriment direct du propriétaire et de l'offre locative locale.

Bureau de notaire avec exemplaire du Code civil du Québec et bail de logement pour une sous-location de plex
Le Code civil encadre strictement la sous-location au Québec.

Avant de parler recours, il faut comprendre le cadre. Au Québec, un locataire n'a pas le droit de sous-louer librement. Le Code civil du Québec encadre strictement la sous-location.

Concrètement, un locataire qui souhaite sous-louer son logement doit en faire la demande au propriétaire et obtenir son approbation. Le propriétaire dispose alors d'un délai de 15 jours pour refuser, à condition d'invoquer des motifs sérieux. S'il ne répond pas dans ce délai, il est réputé avoir consenti — d'où l'importance de répondre rapidement et par écrit.

Une mise en location sur Airbnb sans cette autorisation est donc, par définition, une sous-location illégale. Mais attention : le fait que la sous-location soit illégale ne suffit pas, à lui seul, à faire résilier le bail automatiquement. Pour obtenir la résiliation devant le Tribunal administratif du logement (TAL), le propriétaire doit prouver un dommage et un préjudice sérieux.

Le piège du délai de 15 jours

Si votre locataire vous demande officiellement la permission de sous-louer et que vous laissez passer 15 jours sans répondre, votre silence vaut consentement. Répondez toujours par écrit, daté, et conservez une copie. Pour un propriétaire de multilogement sur la Rive-Nord qui gère plusieurs baux, une simple négligence de calendrier peut affaiblir un recours futur.

Vos recours étape par étape devant le TAL

Dossier de preuves et documents juridiques préparés pour un recours devant le Tribunal administratif du logement
Chaque étape construit le dossier de preuve devant le TAL.

Face à une sous-location Airbnb illégale dans votre plex, la marche à suivre est progressive. Chaque étape construit le dossier de preuve nécessaire à la suivante.

ÉtapeAction du propriétaireObjectif
1. DocumenterCapturer l'annonce Airbnb, photos, avis, témoignages de voisins et colocataires du plexConstituer une preuve datée et solide
2. Mettre en demeureEnvoyer une mise en demeure écrite exigeant la cessation de la sous-locationAvertir formellement et créer une trace
3. Saisir le TALDéposer une demande de résiliation de bail au Tribunal administratif du logementFaire trancher par l'instance compétente
4. Prouver le préjudiceDémontrer le dommage et le préjudice sérieux causés par la sous-location illégaleObtenir la résiliation et d'éventuels dommages
5. Dénoncer (option)Signaler l'hébergement touristique illégal à Revenu QuébecAjouter un levier réglementaire et fiscal

La clé du succès se joue à l'étape 4. Le TAL ne résilie pas un bail sur la seule base de l'illégalité technique : il exige la démonstration d'un préjudice sérieux. C'est pourquoi un dossier de preuves bien monté — annonces, photos correspondant à votre logement, témoignages des autres occupants du multilogement — fait toute la différence.

La jurisprudence Roccabella : des dommages punitifs jusqu'à 50 000 $

Les propriétaires ne sont pas sans munitions. La jurisprudence québécoise a établi des précédents lourds de conséquences pour les locataires fautifs.

L'affaire la plus marquante concerne les tours Roccabella, au centre-ville de Montréal. Des locataires qui avaient sous-loué leur appartement à des touristes via Airbnb se sont vu infliger des dommages punitifs avoisinant 50 000 $. Cette décision a envoyé un signal clair : la sous-location touristique illégale peut coûter très cher à celui qui s'y livre.

« La sous-location touristique illégale n'est pas une zone grise sans conséquence. Quand un propriétaire monte un dossier solide, la facture pour le locataire fautif peut atteindre des dizaines de milliers de dollars. »

— Équipe ImmoMulti, en référence à la décision Roccabella de la Cour supérieure du Québec

Pour un propriétaire de plex, ce précédent est utile à deux titres : il appuie une demande au TAL et il constitue un argument de dissuasion concret à présenter au locataire dans une mise en demeure. Reste que chaque affaire est évaluée selon sa preuve propre — un jugement de cette ampleur n'est jamais automatique.

Source : Radio-Canada — Jugement Roccabella, Cour supérieure du Québec

Vendre un immeuble avec locataires problématiquesDécouvrez comment céder un plex aux prises avec des conflits locatifs, sans courtier

Dénoncer à Revenu Québec : un levier supplémentaire

Calculatrice, formulaire fiscal et documents évoquant une dénonciation à Revenu Québec pour hébergement touristique illégal
Un levier réglementaire et fiscal complémentaire au TAL.

Le recours au TAL traite la relation entre vous et votre locataire. Mais la sous-location touristique illégale comporte aussi un volet réglementaire et fiscal — et c'est là que Revenu Québec entre en jeu.

Depuis 2018, Revenu Québec détient des pouvoirs d'inspection en matière d'hébergement touristique. Les propriétaires peuvent dénoncer les activités illégales d'un locataire qui exploite leur logement comme un hébergement de type Airbnb sans détenir les autorisations requises. Cette dénonciation est complémentaire à votre démarche civile : pendant que le TAL se penche sur la résiliation du bail, l'aspect réglementaire de l'hébergement touristique relève, lui, de l'inspection.

Deux recours parallèles à mobiliser

  • TAL : résiliation du bail et dommages, sur preuve d'un préjudice sérieux
  • Revenu Québec : dénonciation de l'hébergement touristique illégal (pouvoirs d'inspection depuis 2018)
  • Mise en demeure : trace écrite formelle qui appuie les deux démarches
  • Dossier de preuves : annonces, photos, témoignages des occupants du multilogement

Quand vendre votre plex sur la Rive-Nord devient la meilleure option

Façade d'un plex en brique typique de la Rive-Nord du Québec à vendre directement sans courtier
Vendre directement un plex en conflit, en l'état et sans annonce publique.

Sur le papier, les recours existent. En pratique, ils demandent du temps, de l'énergie et des nerfs solides. Une procédure au TAL peut s'étirer sur plusieurs mois, exiger une preuve serrée et se solder, dans certains cas, par un refus de résiliation. Pendant ce temps, le va-et-vient continue, l'usure du logement s'accumule et les autres locataires de votre multilogement s'impatientent.

Pour beaucoup de propriétaires de plex sur la Rive-Nord — à Saint-Jérôme, Terrebonne, Blainville, Mascouche, Boisbriand ou Saint-Eustache — le calcul finit par changer. Quand un immeuble devient une source constante de conflits, l'attachement laisse place à la fatigue. La question n'est plus « comment gagner au TAL », mais « combien de temps et d'argent suis-je prêt à investir avant de tourner la page ».

Vendre vite, sans étaler le conflit sur le marché

C'est précisément là qu'une vente directe et rapide prend tout son sens. Mettre un plex en conflit sur le marché traditionnel, avec visites et courtier, expose la situation locative au grand jour et peut faire fuir les acheteurs. À l'inverse, vendre directement à un acheteur spécialisé permet de céder l'immeuble en l'état, sans annonce publique, sans commission.

ImmoMulti : acheteur direct de multilogements sur la Rive-Nord

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Une vente n'est pas la seule issue, et elle ne convient pas à tout le monde. Si vous envisagez plutôt de reprendre le contrôle de votre logement, notre guide sur la reprise de logement sur la Rive-Nord détaille cette autre voie. Et avant toute décision, mesurer la rentabilité réelle de votre immeuble reste essentiel : notre guide du calcul de rendement multilogement explique comment évaluer ce que vaut vraiment votre plex aujourd'hui.

Questions fréquentes

Non. En vertu du Code civil du Québec, un locataire doit obtenir l'approbation du propriétaire avant de sous-louer son logement. Le propriétaire dispose de 15 jours pour refuser en invoquant des motifs sérieux. Une mise en location sur une plateforme de type Airbnb sans cette autorisation constitue une sous-location illégale. Selon la CORPIQ, environ 13 000 de ses membres seraient aux prises avec des locataires qui sous-louent à leur insu dans l'illégalité.

Vous pouvez d'abord rassembler des preuves (annonces, captures d'écran, témoignages), envoyer une mise en demeure, puis déposer une demande de résiliation de bail au Tribunal administratif du logement (TAL). Pour obtenir la résiliation, vous devez prouver un dommage et un préjudice sérieux. Vous pouvez aussi dénoncer les activités à Revenu Québec, qui détient des pouvoirs d'inspection depuis 2018.

Oui, mais ce n'est pas automatique. Devant le TAL, le propriétaire doit démontrer un dommage et un préjudice sérieux causés par la sous-location illégale. La jurisprudence le confirme : dans l'affaire Roccabella, des locataires se sont vu infliger des dommages punitifs avoisinant 50 000 $ pour avoir loué leur appartement à des touristes via Airbnb. Chaque cas est évalué selon sa preuve.

Dans l'affaire des tours Roccabella au centre-ville de Montréal, des locataires se sont vu infliger des dommages punitifs avoisinant 50 000 $ pour avoir sous-loué leur appartement à des touristes via Airbnb. Cette décision a marqué un précédent important pour les propriétaires québécois, en confirmant qu'une sous-location touristique illégale peut entraîner des conséquences financières lourdes pour le locataire fautif.

Selon la CORPIQ, environ 13 000 de ses membres seraient aux prises avec des locataires qui sous-louent leur logement à leur insu, dans l'illégalité, sur des plateformes de type Airbnb. Ce phénomène, amplifié par la crise du logement, touche autant les grands centres que les propriétaires de plex et de multilogements en région, dont la Rive-Nord de Montréal.

Le Code civil du Québec accorde au propriétaire un délai de 15 jours pour refuser une demande de sous-location, à condition d'invoquer des motifs sérieux. Si le propriétaire ne répond pas dans ce délai, il est réputé avoir consenti. C'est pourquoi il est essentiel de répondre rapidement et par écrit à toute demande de sous-location concernant votre plex ou multilogement sur la Rive-Nord.

Oui. Les propriétaires peuvent dénoncer les activités d'hébergement touristique illégales à Revenu Québec, qui détient des pouvoirs d'inspection depuis 2018. Cette dénonciation s'ajoute aux recours civils devant le TAL : elle vise l'aspect réglementaire et fiscal de l'hébergement touristique, alors que le TAL traite la relation locative entre vous et votre locataire.

Un recours au TAL peut prendre des mois, exiger des preuves solides et générer du stress, sans garantie de résiliation. Pour un propriétaire dont le plex est devenu une source de conflits — sous-location Airbnb illégale, dégradations, va-et-vient de touristes — la vente directe à un acheteur spécialisé comme ImmoMulti permet de récupérer son capital rapidement, sans courtier ni commission, et de tourner la page.

Rassemblez le maximum de preuves : captures d'écran de l'annonce Airbnb, photos correspondant à votre logement, avis de voyageurs, témoignages des voisins ou des colocataires de votre plex, constatation d'un va-et-vient de personnes inconnues, échanges écrits avec le locataire. Un dossier de preuves solide et daté est déterminant pour appuyer une demande de résiliation de bail devant le TAL.

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