Réglementation

Avis au locataire et délais légaux au Québec : le tableau récapitulatif pour propriétaires

Avis au locataire et délais légaux au Québec : bail, reprise, travaux et accès au logement

Comme propriétaire d'un plex ou d'un multilogement sur la Rive-Nord, chaque démarche envers vos locataires passe par un avis obligatoire assorti d'un délai légal précis. Envoyer un avis trop tard — ou du mauvais type — peut faire échouer une augmentation, une reprise ou des travaux. Ce guide rassemble dans un tableau récapitulatif les principaux avis au locataire au Québec : modification et augmentation du bail, travaux majeurs, accès au logement, reprise et éviction. Qui doit l'envoyer, quand, et comment. Sources : le Tribunal administratif du logement (TAL), le Code civil du Québec et Éducaloi.

Tableau récapitulatif : quel avis, quel délai, comment?

Voici l'essentiel en un coup d'œil. Tous ces avis sont donnés par le propriétaire au locataire, par écrit, et les délais se calculent à partir de la date de réception par le locataire. Les délais varient selon la durée du bail.

Type d'avisDélai minimalFormeRéponse du locataire
Modification du bail / augmentation de loyer (bail 12 mois et +) 3 à 6 mois avant la fin du bail Écrit 1 mois pour refuser; silence = acceptation
Modification / augmentation (bail de moins de 12 mois) 1 à 2 mois avant l'échéance Écrit 1 mois pour refuser; silence = acceptation
Modification / augmentation (bail à durée indéterminée) 1 à 2 mois avant la modification Écrit 1 mois pour refuser; silence = acceptation
Accès au logement (vérification, réparation, visite) 24 heures Verbal ou écrit Ne peut refuser sans motif; visite 7 h–19 h
Travaux majeurs (évacuation < 1 semaine) 10 jours Écrit Peut contester au TAL dans les 10 jours
Travaux majeurs (évacuation > 1 semaine) 3 mois Écrit Peut contester au TAL dans les 10 jours
Reprise de logement (bail 6 mois et +) 6 mois avant la fin du bail Écrit 1 mois pour répondre; silence = refus
Reprise de logement (bail 6 mois ou -) 1 mois avant la fin du bail Écrit 1 mois pour répondre; silence = refus
Éviction (subdivision, agrandissement, changement d'affectation) 6 mois avant la fin (bail 6 mois et +) Écrit 1 mois pour répondre; indemnité au locataire

Sources : Tribunal administratif du logement, Code civil du Québec (art. 1898, 1922-1929, 1942-1963) et Éducaloi — Logement. Ce tableau est un résumé; validez toujours votre situation particulière auprès du TAL.

Avis de modification et d'augmentation du bail

Pour hausser le loyer ou modifier une condition du bail (par exemple retirer un stationnement), vous devez envoyer un avis de modification du bail. Pour un bail de 12 mois ou plus, il doit parvenir au locataire de 3 à 6 mois avant la fin du bail. Pour un bail de moins de 12 mois, le délai est de 1 à 2 mois; pour un bail à durée indéterminée, de 1 à 2 mois avant la modification voulue.

Le locataire a ensuite 1 mois pour refuser par écrit. S'il ne répond pas, il est réputé avoir accepté la modification. S'il refuse tout en restant dans le logement, c'est à vous, propriétaire, de vous adresser au TAL pour faire fixer le loyer. Le montant de la hausse doit rester raisonnable selon la nouvelle méthode de calcul du TAL, qui pondère l'inflation, les taxes, l'assurance et les travaux majeurs.

Code civil du Québec et bail de plex : avis obligatoires au locataire et délais légaux
Chaque avis au locataire est encadré par le Code civil du Québec et le TAL.

Avis d'accès au logement : la règle des 24 heures

Le logement loué demeure le domicile du locataire : vous ne pouvez pas y entrer à votre guise. Pour vérifier l'état du logement, y faire des réparations ou le faire visiter à un futur locataire ou acheteur, vous devez donner un avis d'au moins 24 heures. La visite ou les travaux ont lieu entre 7 h et 19 h, sauf urgence (dégât d'eau, panne de chauffage) où l'accès est immédiat sans préavis.

  • Vérification, entretien, réparation non urgente : préavis de 24 heures.
  • Visite par un acheteur ou un futur locataire : préavis de 24 heures, entre 7 h et 19 h.
  • Urgence : accès immédiat, sans préavis, pour protéger le logement.

L'avis d'accès peut être verbal, mais un avis écrit vous protège en cas de litige. Le locataire ne peut pas refuser un accès justifié, mais il peut exiger votre présence lors de la visite.

Avis de travaux majeurs

Les travaux majeurs (autres qu'urgents) qui obligent le locataire à quitter temporairement son logement exigent un préavis dont la durée dépend de la longueur de l'évacuation :

  • Évacuation de moins d'une semaine : avis d'au moins 10 jours.
  • Évacuation d'une semaine ou plus : avis d'au moins 3 mois.

L'avis doit indiquer la nature des travaux, la date de début, la durée prévue et, s'il y a lieu, l'indemnité ou le relogement offert. Le locataire a 10 jours pour aviser qu'il refuse de quitter; c'est alors à vous de vous adresser au TAL. Bien planifier ces avis est essentiel avant d'entreprendre une rénovation d'envergure ou de préparer un immeuble à la vente.

Bonnes pratiques pour un avis valide

  • Rédigez l'avis dans la langue du bail et indiquez l'adresse exacte du logement.
  • Utilisez un mode d'envoi qui prouve la réception (main propre avec accusé, recommandé).
  • Calculez le délai à partir de la date de réception, jamais de la date d'envoi.
  • Conservez une copie datée de chaque avis et de la preuve d'envoi.

Avis de reprise de logement et d'éviction

La reprise de logement permet à un propriétaire personne physique de reprendre le logement pour s'y loger ou y loger un proche admissible (enfant, parent, ex-conjoint dont il reste le principal soutien). L'éviction, elle, vise à subdiviser, agrandir substantiellement ou changer l'affectation du logement. Les délais sont identiques :

  • Bail de 6 mois ou plus : avis d'au moins 6 mois avant la fin du bail.
  • Bail de 6 mois ou moins : avis d'au moins 1 mois avant la fin.
  • Bail à durée indéterminée : avis d'au moins 6 mois avant la reprise.

Le locataire a 1 mois pour répondre. Contrairement à l'augmentation, ici le silence vaut refus : sans réponse favorable, vous devez demander l'autorisation au TAL dans le mois suivant. L'éviction, elle, ouvre droit à une indemnité pour le locataire. Pour les propriétaires de la Rive-Nord, nous détaillons la marche à suivre dans notre guide sur la reprise de logement et vos droits en 2026. Notez aussi que la Loi 31 encadre désormais la cession de bail, un autre avis à connaître.

Calculez votre hausse de loyer 2026Estimez l'augmentation permise avant d'envoyer votre avis de modification.

Erreurs fréquentes qui invalident un avis

Un avis mal préparé peut être rejeté par le TAL et vous faire perdre une année entière. Les pièges les plus courants :

  • Calculer le délai à partir de l'envoi : le délai court à la réception. Prévoyez la marge du courrier.
  • Avis verbal pour une reprise ou une modification : ces avis doivent être écrits, sinon ils sont invalides.
  • Oublier de saisir le TAL dans le mois : après un refus de reprise, vous avez 1 mois pour agir, sous peine de forclusion.
  • Confondre reprise et éviction : l'éviction ouvre droit à indemnité et vise d'autres motifs.
  • Dépasser 19 h ou omettre le préavis d'accès : même une visite de vente exige 24 heures d'avis.

En cas de doute sur un délai ou un modèle d'avis, consultez directement le TAL ou un service juridique. Les articles de ce blogue sont informatifs et ne remplacent pas un conseil juridique.

Questions fréquentes

Pour un bail de 12 mois ou plus, l'avis de modification du bail (incluant l'augmentation) doit parvenir au locataire de 3 à 6 mois avant la fin du bail. Pour un bail de moins de 12 mois, le délai est de 1 à 2 mois avant l'échéance; pour un bail à durée indéterminée, de 1 à 2 mois avant la modification. Le locataire a 1 mois pour refuser; sans refus, il est réputé accepter. Source : Tribunal administratif du logement.

Pour entrer afin de vérifier le logement, y faire des travaux ou le faire visiter, le propriétaire doit donner un avis d'au moins 24 heures. La visite ou les travaux ont lieu entre 7 h et 19 h, sauf urgence. Un préavis de 24 heures s'applique aussi à la visite d'un futur locataire ou acheteur. Source : Code civil du Québec et TAL.

Pour un bail de 6 mois ou plus, l'avis de reprise doit être donné au moins 6 mois avant la fin du bail. Pour un bail de 6 mois ou moins, au moins 1 mois avant la fin; pour un bail à durée indéterminée, au moins 6 mois avant la reprise. Le locataire a 1 mois pour répondre; son silence vaut refus, et le propriétaire doit alors s'adresser au TAL. Source : Code civil du Québec et TAL.

Pour des travaux majeurs non urgents nécessitant l'évacuation temporaire du logement, l'avis est d'au moins 10 jours si l'évacuation dure moins d'une semaine, et d'au moins 3 mois si elle dépasse une semaine. L'avis précise la nature des travaux, la date, la durée et l'indemnité offerte s'il y a lieu. Source : Code civil du Québec (art. 1922-1929) et TAL.

Oui. Les avis de modification du bail, de reprise, d'éviction et de travaux majeurs doivent être écrits, rédigés dans la même langue que le bail et indiquer l'adresse du logement. Le TAL recommande un mode d'envoi permettant de prouver la réception (main propre avec accusé, courrier recommandé). Un avis verbal n'est pas valide pour ces situations. Source : Tribunal administratif du logement.

La reprise permet à un propriétaire personne physique de reprendre le logement pour s'y loger ou y loger un proche admissible. L'éviction vise à subdiviser, agrandir substantiellement ou changer l'affectation du logement. Les deux exigent un avis écrit avec le même délai selon la durée du bail (6 mois pour un bail de 6 mois et plus), mais l'éviction ouvre droit à une indemnité au locataire. Source : Code civil du Québec et Éducaloi.

Pour un avis de modification du bail, l'absence de réponse dans le mois vaut acceptation. Pour un avis de reprise ou d'éviction, c'est l'inverse : l'absence de réponse vaut refus, et le propriétaire doit demander l'autorisation au TAL dans le mois suivant ce refus. Respecter ce délai de 1 mois est crucial, sinon la démarche est forclose. Source : TAL.

Les délais se calculent à partir de la date de réception de l'avis par le locataire, non de la date d'envoi. Il faut donc prévoir un délai de transmission suffisant et privilégier un mode d'envoi qui prouve la date de réception. Un avis reçu même un jour trop tard peut être jugé invalide par le TAL. Source : TAL et Code civil du Québec.

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