Dans les Laurentides, la taxe de bienvenue se calcule sur un barème provincial identique partout jusqu'à 500 000 $ (0,5 % / 1 % / 1,5 %), mais plusieurs municipalités — dont Mirabel, Deux-Montagnes et Saint-Eustache — appliquent un taux municipal de 3 % sur la portion excédentaire. Sur un immeuble à revenus de 2 000 000 $, cet écart représente plus de 22 000 $ de plus selon la ville choisie. Les taxes foncières, elles aussi, varient d'une municipalité à l'autre et font partie des charges d'exploitation annuelles à intégrer dans toute analyse de rendement. Ce guide présente d'abord le barème provincial commun à toutes les Laurentides, puis détaille comment les tranches supérieures divergent ville par ville, avec un exemple chiffré sur un immeuble de 2 000 000 $ dans deux cas de figure. Tous les taux sont fournis à titre indicatif (2026) : vérifiez toujours les chiffres exacts auprès de la municipalité concernée avant de signer.
Avertissement important
Les taux et tranches cités ici le sont à titre indicatif (2026). Le barème de base des droits de mutation est provincial, mais chaque ville fixe ses propres taux fonciers et peut majorer les tranches supérieures de la taxe de bienvenue. Vérifiez toujours les chiffres exacts auprès de la municipalité concernée avant toute décision. Ce guide est informatif et ne remplace pas un avis d'un notaire ou d'un comptable fiscaliste.
C'est quoi la taxe de bienvenue et comment fonctionne-t-elle dans les Laurentides?
C'est l'acheteur qui paie les droits de mutation (pas le vendeur), calculés sur le plus élevé du prix payé ou de la valeur au rôle, dans les semaines suivant la signature chez le notaire.
La « taxe de bienvenue » est le surnom populaire des droits de mutation immobilière. Il s'agit d'une taxe municipale exigée chaque fois qu'un immeuble change de propriétaire au Québec. Malgré son nom, elle n'a rien à voir avec un quelconque ancien ministre Bienvenue dans la majorité des cas : c'est simplement une source de revenus pour les villes, imposée à l'acquéreur.
Deux points essentiels à retenir pour un immeuble à revenus :
- C'est l'acheteur qui paie, jamais le vendeur. Quand l'immeuble est acquis par plusieurs personnes, elles en sont conjointement responsables.
- La base de calcul est le plus élevé entre le prix payé et la valeur uniformisée de l'immeuble au rôle d'évaluation. Pour un multilogement payé au-dessus de son évaluation municipale, c'est généralement le prix de vente qui sert de base.
La facture arrive habituellement dans les semaines ou les mois suivant le transfert, et les droits sont payables dans les 30 jours. Certaines villes des Laurentides permettent désormais un paiement échelonné (deux ou quatre versements selon la municipalité).
Quel est le barème de base de la taxe de bienvenue au Québec ?
Trois paliers provinciaux (2026) : 0,5 % jusqu'à 62 900 $, 1,0 % de 62 900 $ à 315 000 $, puis 1,5 % au-delà — seuils indexés annuellement.
La Loi concernant les droits sur les mutations immobilières fixe un barème de base qui s'applique partout au Québec, donc dans toutes les villes des Laurentides. Les seuils sont indexés chaque année; voici les tranches en vigueur à titre indicatif pour 2026 :
| Tranche de la base d'imposition | Taux |
|---|---|
| 0 $ à 62 900 $ | 0,5 % |
| 62 900 $ à 315 000 $ | 1,0 % |
| Plus de 315 000 $ | 1,5 % (taux provincial plafond) |
Source : paliers fixés par la Loi concernant les droits sur les mutations immobilières (RLRQ c D-15.1) et les règlements municipaux respectifs des villes des Laurentides.
Le calcul est progressif par tranches : chaque portion du prix est taxée à son propre taux, comme pour l'impôt sur le revenu. La nuance cruciale pour un immeuble à revenus, souvent d'une valeur élevée : 1,5 % est le plafond provincial, mais au-delà de 500 000 $ une municipalité peut fixer un taux supérieur, jusqu'à 3 %. C'est là que les Laurentides cessent d'être uniformes — et plusieurs villes de la région appliquent bel et bien ce 3 %.
Comment la taxe de bienvenue varie-t-elle d'une ville à l'autre dans les Laurentides ?
Le barème de base est identique partout jusqu'à 500 000 $. Au-delà, plusieurs villes (Mirabel, Saint-Eustache, Deux-Montagnes, Rosemère, Sainte-Thérèse) appliquent 3 %, tandis que Blainville reste à 1,5 % jusqu'à 750 000 $.
Toutes les villes des Laurentides appliquent les trois tranches de base ci-dessus jusqu'à 500 000 $. Ce qui diffère, c'est la portion au-dessus de 500 000 $, là où la loi autorise un taux majoré (jusqu'à 3 %). Plusieurs villes de la région ont adopté ce maximum de 3 %; d'autres ont opté pour des paliers intermédiaires (2 % ou 2,5 % entre 500 000 $ et 750 000 $, puis 3 % au-delà). Voici une comparaison indicative (2026) d'après les barèmes municipaux publiés; confirmez toujours le chiffre exact auprès de la ville visée.
| Ville (Laurentides) | 500 000 $ à 750 000 $ | Au-delà de 750 000 $ |
|---|---|---|
| Mirabel | 3,0 % | 3,0 % |
| Saint-Eustache | 3,0 % | 3,0 % |
| Deux-Montagnes | 3,0 % | 3,0 % |
| Rosemère | 3,0 % | 3,0 % |
| Sainte-Thérèse | 3,0 % | 3,0 % |
| Blainville | 1,5 % | 3,0 % |
| Mont-Tremblant | 2,0 % | 3,0 % |
| Saint-Sauveur | 2,0 % (à confirmer) | 3,0 % (à confirmer) |
| Saint-Jérôme, Sainte-Adèle | À confirmer auprès de la ville | |
La leçon : pour la portion « de base » jusqu'à 500 000 $, la taxe de bienvenue est identique partout dans les Laurentides (0,5 % / 1 % / 1,5 %). C'est uniquement sur la portion supérieure que les villes divergent — et l'écart est majeur : à 3 % plutôt qu'à 1,5 %, chaque tranche de 100 000 $ au-dessus de 500 000 $ coûte 1 500 $ de plus. Avant de boucler un budget d'achat, demandez le règlement de tarification des droits de mutation en vigueur à la municipalité visée. À titre d'exemple, Saint-Jérôme permet depuis 2026 d'échelonner la facture en deux versements (30 et 90 jours).
Combien coûte la taxe de bienvenue sur un immeuble de 2 000 000 $ dans les Laurentides ?
Environ 28 110 $ au barème de base (1,5 % plafonné), ou environ 50 610 $ dans une ville appliquant 3 % au-delà de 500 000 $ — soit un écart de plus de 22 000 $.
Prenons un immeuble à revenus payé 2 000 000 $ et comparons deux cas. Cas A — ville au barème de base seul (1,5 % au-delà de 315 000 $) :
- 0,5 % sur la première tranche (0 $ à 62 900 $) = 314,50 $
- 1,0 % sur la deuxième tranche (62 900 $ à 315 000 $) = 2 521,00 $
- 1,5 % sur le reste (315 000 $ à 2 000 000 $, soit 1 685 000 $) = 25 275,00 $
- Total ≈ 28 110 $
Cas B — ville appliquant 3 % au-delà de 500 000 $ (Mirabel, Saint-Eustache, Deux-Montagnes, Rosemère, Sainte-Thérèse…) :
- 0,5 % (0 $ à 62 900 $) = 314,50 $
- 1,0 % (62 900 $ à 315 000 $) = 2 521,00 $
- 1,5 % (315 000 $ à 500 000 $, soit 185 000 $) = 2 775,00 $
- 3,0 % (500 000 $ à 2 000 000 $, soit 1 500 000 $) = 45 000,00 $
- Total ≈ 50 610 $
L'écart est de plus de 22 000 $ sur le même immeuble, selon la ville. C'est exactement pourquoi il faut vérifier les tranches en vigueur dans la municipalité concernée plutôt que de présumer un taux unique. Ces montants sont indicatifs (2026); confirmez la base d'imposition et le barème auprès de la ville et au rôle d'évaluation.
À retenir
Pour le vendeur d'un immeuble dans les Laurentides, cette dépense n'est pas la sienne : c'est l'acheteur qui l'assume. Mais elle pèse dans le budget total de l'acquéreur, donc indirectement sur le prix qu'il peut offrir. Connaître le barème local aide les deux parties à négocier de façon réaliste.
Quelles taxes foncières s'appliquent aux immeubles à revenus dans les Laurentides ?
Chaque municipalité fixe un taux annuel par 100 $ d'évaluation — à Blainville, environ 0,466 $ en 2026 à titre indicatif. Les nouveaux rôles d'évaluation (hausse de 27 % à Saint-Jérôme, 50 %+ à Blainville) modifient la facture même si le taux baisse.
À ne pas confondre avec la taxe de bienvenue (payée une seule fois à l'achat), les taxes foncières sont annuelles et récurrentes. Chaque municipalité fixe un taux par 100 $ d'évaluation, et plusieurs appliquent un taux distinct aux immeubles de 6 logements et plus ou aux catégories non résidentielles.
Deux facteurs font varier la facture d'une ville à l'autre dans les Laurentides :
- Le taux lui-même. À Blainville, par exemple, le taux résidentiel (1 à 5 logements) est passé d'environ 0,450 $ par 100 $ d'évaluation en 2025 à environ 0,466 $ en 2026, à titre indicatif. D'autres villes ont des taux différents.
- Le dépôt d'un nouveau rôle d'évaluation. Les hausses de valeur foncière ont été marquées récemment dans la région — par exemple une hausse moyenne de la valeur des propriétés de plus de 27 % à Saint-Jérôme et de plus de 50 % à Blainville au dernier rôle. Les villes ajustent alors le taux à la baisse, mais la facture nette varie selon chaque immeuble.
Pour un immeuble à revenus, les taxes foncières sont une charge d'exploitation majeure qui influence directement le revenu net — et donc la valeur. Mesurer cet impact est exactement ce que font des outils comme le taux global d'actualisation (TGA) et le calculateur du multiplicateur de revenu brut (MRB).
Quelles exemptions de droits de mutation existent dans les Laurentides ?
Les principales exonérations : transferts entre conjoints, entre parents et enfants en ligne directe, et certains transferts vers une société contrôlée à plus de 90 % — sous conditions strictes à valider avec un notaire.
La Loi concernant les droits sur les mutations immobilières prévoit plusieurs cas d'exonération des droits de mutation, valables partout au Québec, donc dans les Laurentides :
- Transfert entre conjoints mariés, unis civilement ou conjoints de fait (après au moins 12 mois de vie commune consécutive).
- Transfert en ligne directe ascendante ou descendante (parent-enfant, grands-parents-petits-enfants). À noter : un transfert entre frères et sœurs n'y donne pas droit.
- Transfert entre une personne et une société qu'elle contrôle (généralement plus de 90 % des droits de vote), sous conditions.
Ces exemptions sont utiles dans un contexte de transmission ou de réorganisation d'un parc immobilier — un sujet abordé dans notre guide sur l'héritage immobilier. L'admissibilité doit toujours être validée par un notaire, car les conditions sont strictes.
Quel est l'impact pour qui vend ou achète un immeuble à revenus dans les Laurentides ?
Le vendeur ne paie pas la taxe de bienvenue, mais elle peut peser sur l'offre de l'acheteur. Le vendeur assume plutôt l'impôt sur le gain en capital et la récupération d'amortissement.
Pour un vendeur : la taxe de bienvenue n'est pas votre dépense, mais elle fait partie du coût total que votre acheteur doit absorber. Vos propres coûts à la vente sont plutôt fiscaux — l'impôt sur le gain en capital et la récupération de l'amortissement. Si vous envisagez de vendre un immeuble dans les Laurentides, ce sont ces éléments qu'il faut chiffrer en priorité.
Pour un acheteur : les droits de mutation et les taxes foncières sont deux lignes à intégrer dès le départ dans votre montage. Une ville aux paliers majorés ou au taux foncier élevé réduit le rendement net, à prix d'achat égal. D'où l'intérêt de comparer les villes — par exemple Saint-Jérôme, Mirabel ou Blainville — et de modéliser l'offre en conséquence.
Dans les deux cas, la bonne pratique est la même : partez des chiffres réels, intégrez les taxes locales, puis validez avec un calculateur d'offre d'achat avant de vous engager. Et pour le détail provincial des droits de mutation, consultez notre article dédié sur la taxe de bienvenue au Québec.
En résumé
Le barème de base de la taxe de bienvenue est provincial et identique dans les Laurentides jusqu'à 500 000 $ (0,5 % / 1 % / 1,5 %). Au-delà, les villes divergent : plusieurs — Mirabel, Saint-Eustache, Deux-Montagnes, Rosemère, Sainte-Thérèse — appliquent le maximum de 3 %, tandis que Blainville (1,5 % jusqu'à 750 000 $) ou Mont-Tremblant (2 % de 500 000 $ à 750 000 $) ont des paliers intermédiaires. Sur un immeuble de 2 M$, l'écart dépasse 22 000 $. Vérifiez toujours les taux à jour auprès de la municipalité, et raisonnez en revenu net plutôt qu'en prix affiché.